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Enfants concernés par le VIH | Femmes séropositives

Dialogue entre mamans : quand avez-vous parlé de votre séropositivité avec votre enfant ?

22 décembre 2003 (papamamanbebe.net)

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Premier courrier reçu d’une jeune auditrice dont la maman est séropositive :

Ma mère est séropositive depuis presque 11 ans. Elle suivait une trithérapie qu’elle a arrêté, je ne sais pas pourquoi. Mais en tout cas, j’aurai voulu que ma mère me parle un peu plus de sa maladie, comment ça se passe, etc. Si vous êtes séropositif et vous envisagez d’avoir des enfants, expliquez le plus tôt possible votre maladie, où vous en êtes... Et n’attendezpas que vos enfants aient 25 ans pour leur en parler. Si vous jugez qu’il est en âge de comprendre, parlez-lui, ne lui mentez pas ! Il a besoin d’être rassuré. Qu’il soit lui-même séropo ou pas, parlez-lui en ! Voilà, en tout cas, ce que j’aurai aimé c’est que ma mère fasse avec moi. Je ne sais pas si tout le monde pense comme moi ou pas. Bonne chance à tous.

Trois mamans ont pris le temps de lui répondre, je tiens à les remercier.

Une première maman a appris sa séropositivité en pleines fêtes de Noël...

J’ai 33 ans, je sais que je suis séropositive depuis bientôt 3 ans, je l’ai appris juste un peu avant la noël. Autant dire que j’ai pris énormément sur moi pour passer de la façon la plus normale et dans la bonne humeur les fêtes de fin d’année en famille. Ma fille a 12 ans elle est séronégative et elle ne sait rien de mon état, comme toute ma famille à l’exception de ma soeur aînée. Ma soeur aînée est une ancienne toxicomane de 43 ans qui a eu la chance d’échapper au SIDA. Elle a perdu beaucoup de ses amis de jeunesse. Elle est en rémission d’une hépatite C et j’ai partagé avec elle longtemps ce secret. Je pense ne rien dire à ma famille tant que je n’y serai pas obligée, non pas par peur d’un rejet mais plutôt pour leur épargner la grande tristesse et l’angoisse qui des fois m’envahit. Juste pour les préserver. J’espère que ma fille comprendra mon geste et ne m’en voudra pas comme cet enfant en veut à sa mère. Si j’avais une seule chose à dire ce serait qu’être parent n’est pas une chose facile et que comme pour tout dans la vie nous faisons une succession de choix qui nous paraissent les plus judicieux sur le moment mais qui ne sont pas toujours les meilleurs.Je pense que l’on ne réalise celà que lorsque l’on est à notre tour parent. A ce moment on est beaucoup plus compréhensif envers nos propres parents.

Une deuxième maman a, elle, parlé très tôt et ouvertement de sa maladie avec son jeune fils :

Moi j’ai 30 ans, séro depuis 10 ans. Je l’ai découvert pendant ma grossesse, au septième mois. Mon fils est séronégatif. J’ai toujours pris mes traitements devant lui, et pui à chaque fois je lui disait que j’ai un boubou dans le ventre, et il faut que je me soigne. À l’âge de 8 ans, il m’a reposé la même question, et là je lui ai dit que je suis séro. C’était trop dur pour moi, autant que pour lui, avec beaucoup de questions : pourquoi, comment. Et maintenant il a 10 ans, il sait ce que c’est. La seule chose : il n’aime pas voir mes médicaments, il n’aime pas me voir quand je les prend, car il dit que cela lui fait trop mal. Sinon, il comprend très bien et il fait attention à sa maman.

Solange est mère de deux filles, qui vivent au Cameroun alors qu’elle est restée en France suite à la découverte de sa maladie :

Moi, je suis du même avis que la dame. je crois pas qu’il faut l’annoncer rapidement aux enfants, que l’on est séropositive. Surtout que comme beaucoup de gens, ils comprendront que séropositif = mort.

Je suis maman de deux adorables filles, 11 ans et 9 ans. Je ne suis pas prête à leur annoncer que je suis séropositive. je crois même que je cacherai le plus longtemps possible, du simple fait que je ne veux pas les rendre malheureuse. Quand je me rappelle, il y a quelques années, j’avais eu une infection pulmonaire (c’était sûrement dû au virus, mais j’étais pas encore au courant de ma sérologie). Malgré le fait que je souffrais tellement, j’ai vu mes filles à mon chevet, toute malheureuse rien qu’à l’idée que je pouvais mourir. Elles me rendaient plus malades. Quand je pense à ce moment-là, je suis sûre et j’en demeure convaincue : si elles savaient que je suis porteuse du virus, elles seraient malheureuses, et je ne tiens pas à les voir ainsi. Je veux qu’elles vivent comme leurs camarades, qu’elles aient — si je ne suis plus là u n jour — le souvenir d’une maman battante jusqu’au dernier souffle, une maman positive, quoi.

Je reviens à celle qui se plaint du fait que sa maman a caché son état pendant longtemps. Ce n’était pas pour te faire du mal. Au contraire, elle voulait te préserver. J’espère que tu n’as pas fait de ça un drame vis-à-vis d’elle. S’il te plait, ne fait surtout pas ça, elle serait malheureuse. Donne-lui le maximum de l’amour qu’une fille peut donner à une mère et le maximum de compréhension qu’elle attend sûrement de toi. N’oublie jamais qu’elle est une mère comme les autres, car le virus n’as pas changé en elle l’amour d’une maman...

Enfin, c’est une femme qui a grandi avec l’omniprésence de la maladie qui rappelle son expérience :

Bonjour, Je réponds également à la fille qui regrette que ça mère lui à annoncer trop tard sa séropositivité. Ma mère m’avait annoncé qu’elle était malade assez rapidement, car je la voyais souvent pleurer et se lamenter. A l’époque j’étais jeune et j’avais 14 ans environ et ça m’a pas forcément rendu service, car du coup, j’ai fait une sorte de dépression ayant très peur pour ma mère, je bossais mal en cours, j’étais devenue de plus en plus détacher et je n’avais qu’une hantise, la peur de voir ma mère mourir. Et finalement c’est arrivé ! Mais je pense que si ta mère ne t’as rien dit, c’est qu’elle voulait te protéger de cette dure réalité, même si aujourd’hui tu aurais préféré qu’elle t’en parle avant, elle avait sûrement ses raisons et voulait t’épargner à maximum. Tu devrais plutôt pensé à lui donné un maximum d’amour, de paix dans son petit coeur, et même si ça te fait mal, n’oublies pas qu’on ne doit pas juger les malades. Aujourd’hui j’ai 27 ans, et j’aurais préféré que ma mère ne me plonge pas si jeune dans cette morbide réalité car même après ça mort je garde encore l’image d’une maman souffrante. Bon courage à toi, parle lui tranquillement tu verras.

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