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Droits des femmes | Religions
Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
26 mai 2003 (survivreausida.net)
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Il est à nouveau question, dans le débat public, d’une loi très "stricte" visant à "redéfinir" l’application du principe de laïcité à l’école. Cette loi s’apparente à une loi d’exception, construite sur mesure autour du foulard islamique. Personne n’est dupe : c’est le foulard qui est à l’origine du débat, et c’est lui qui serait seul touché par une loi, même si celle-ci se présentait comme " générale ". Ce foulard recouvre des réalités diverses, et nous avons des appréciations diverses, voire divergentes, de sa signification ; mais nous sommes tous d’accord pour estimer que, dans tous les cas (que le foulard soit imposé aux jeunes filles ou qu’il résulte d’un choix), l’exclusion est la pire des solutions.
Nous ne sommes pas des "partisans du voile" ; nous sommes simplement partisans d’une école laïque qui oeuvre à l’émancipation de tous, et non à l’exclusion. Car la laïcité, telle que la définissent les lois de 1881, 1882 et 1886, est une obligation qui concerne les locaux, les programmes scolaires et le personnel enseignant, et non les élèves. Aux élèves s’imposent des règles comme l’assiduité à tous les cours ou le respect d’autrui, mais il n’est pas légitime de multiplier les exigences pour des jeunes en formation, qui viennent à l’école précisément pour apprendre, se former et se transformer - surtout si ces exigences n’ont aucune nécessité du point de vue du fonctionnement de l’école.
Nous sommes plusieurs à côtoyer ou à avoir côtoyé ces élèves voilées dans des établissements scolaires, et nous témoignons qu’à aucun moment leur présence n’a empêché les enseignants d’enseigner, ni les élèves ou les étudiants d’étudier.
Nous n’oublions pas l’égalité des sexes, bien au contraire.
Mais, que le foulard soit l’objet d’un choix ou qu’il soit imposé, on ne peut pas considérer la jeune fille voilée comme coupable, et ce n’est en aucun cas à elle de "payer". Dans tous les cas, c’est en l’accueillant à l’école laïque qu’on peut l’aider à s’émanciper, en lui donnant les moyens de son autonomie, et c’est en la renvoyant qu’on la condamne à l’oppression.
Nous refusons aussi la focalisation sur le foulard islamique parce qu’elle s’inscrit dans un mouvement d’ensemble qu’il est urgent d’enrayer : la colonisation de tous les espaces de la vie sociale par des logiques punitives. Après la fraude dans le métro, le stationnement dans les halls d’immeuble et l’outrage au drapeau ou à l’hymne national, c’est l’outrage à enseignant qui est devenu passible de prison. L’exclusion des élèves voilées s’inscrit dans cette surenchère punitive, au détriment des interrogations et des solutions politiques et pédagogiques. Elle ne peut donc être ressentie par l’ensemble des élèves que comme une mesure brutale et discriminatoire, venant redoubler toutes les injustices que subissent déjà, dans leurs quartiers, les jeunes des milieux populaires, notamment ceux qui sont issus de l’immigration post-coloniale. Le minimum d’estime réciproque requis entre professeurs et élèves pour que la relation pédagogique ait lieu risque d’être gravement compromis.
Ce que nous n’acceptons pas, c’est également que l’élève voilée joue le rôle d’un bouc émissaire. Car tel est bien le cas : pour justifier leur exclusion, on invoque souvent, pêle-mêle, des faits dans lesquels ces jeunes filles ne sont pas forcément impliquées : indiscipline, absentéisme massif, injures et inscriptions sexistes ou racistes (notamment antisémites)...
Nous estimons que les injures sexistes et racistes doivent être sanctionnées, mais que la sanction doit s’appliquer à ceux qui en sont les auteurs, et non à ces jeunes filles qui sont la plupart du temps respectueuses et studieuses. Nous refusons les fantasmes, les amalgames et l’enfermement dans un faux débat qui encourage toutes les divisions et tous les affrontements identitaires (entre "la France" et "les immigrés", entre "la République" et "l’Islam", ou encore entre les diverses confessions), alors que les principaux problèmes sont socio-économiques et politiques : libéralisation de l’économie, chômage de masse, précarisation des salariés, extension du contrôle social et des logiques sécuritaires, permanence des discriminations racistes et de l’inégalité sociale entre hommes et femmes...
L’école est elle-même traversée par des problèmes nombreux et profonds (classes surchargées, manque de personnels et multiplication des statuts précaires, manque de soutien pour les élèves en échec ou en difficulté...), que les "réformes" annoncées ne feront qu’aggraver. C’est pourquoi, à la question qui nous est imposée : "faut-il interdire l’école aux jeunes filles qui portent un foulard islamique ?", nous répondons sans hésiter : Non, car l’école laïque est une école qui doit accueillir tout le monde - et nous exigeons que soient enfin posées les vraies questions.
Nous appelons les associations féministes et laïques, les fédérations de parents d’élèves, ainsi que les syndicats étudiants et enseignants, à signer et faire signer ce texte. Nous appelons tous ceux qui partagent cette orientation à se mobiliser afin de rendre visible une force laïque tournée vers l’émancipation, et non vers l’exclusion.
Sonia Ajej, étudiante
Yeter Akyaz, étudiante, surveillante et militante associative
(Festival Permanent contre les lois racistes)
Catherine Albertini, ingénieure de recherche (INRA) et militante
féministe (Choisir-La cause des femmes)
Malika Amaouche, militante féministe (Act Up, Femmes Publiques)
François Athané, enseignant et militant associatif (Droits devant !)
Boualam Azahoum, militant associatif (DiverCité)
Adib Bahlouli, étudiant
Etienne Balibar, philosophe, universitaire (Paris X)
Sidi Mohammed Barkat, philosophe, universitaire et parent d’élèves (FCPE)
Christian Baudelot, sociologue, universitaire (ENS)
Stéphane Beaud, sociologue (ENS)
Sylvie Beaud, enseignante (SNES)
Sana Ben Hariz, étudiante
Julien Blanc, enseignant
Emmanuel Blanchard, enseignant (SNES)
Janos Borovi, enseignant (SUD éducation)
Daniel Borrillo, juriste, universitaire (Paris X)
Saïd Bouamama, sociologue, universitaire (IFAR), militant associatif et syndical (CGT)
Abderrazak Bouazizi, militant associatif laïque (ASTI 93)
Antoine Boulangé, enseignant, membre du bureau national du SNUEP-FSU
Marie-Hélène Bourcier, sociologue, universitaire et activiste queer
Élise Bourgeois-Fisson, étudiante et militante associative (Act Up)
Houria Bouteldja, militante féministe
Gérard Bras, enseignant (SNES)
Violaine Carrere, militante associative
Caroline Carlier, éducatrice (SNPES-PJJ)
Grégory Castan, enseignant (SUD éducation)
Cartherine Cerniot-Delasome, parent d’élève (FCPE)
Jocelyne Cesari, universitaire (Harvard university)
Monique Chemillier-Gendreau, juriste, universitaire
Sonia Chemissi, parent d’élève et militante associative (Espoir)
Laetitia Chauveau, éducatrice et militante (Alternative libertaire)
Aboubakr Chraïbi, universitaire (INALCO)
Abdou Cissé, parent d’élève délégué (FCPE)
Pierre Concialdi, économiste et parent d’élève (FCPE)
Anne-Marie Constant, enseignante
Anne Coppel, sociologue et militante féministe (Femmes publiques)
Emmanuelle Cosse, juriste, ancienne présidente d’Act Up
Jean-Paul Curnier, écrivain
Stéphane Cuttaia, militant associatif (Cultures et Citoyennetés)
Christophe Daadouch, formateur de travailleurs sociaux
Raymond Debord, directeur du Militant
Frédéric De Carlo, performeur queer
Jean-Louis Déotte, philosophe, universitaire (Paris VIII)
Monique Deschamps, enseignante retraitée
Fatou Diongue, élève de terminale
Noëlle Dupuy, enseignante (SNES)
Gönul Duran, élève de terminale
Jean-Luc Einaudi, éducateur et écrivain
Abdelaziz Elasri, enseignant
Corinne Escaffit, militante féministe (Femmes publiques)
Eric Fassin, sociologue, universitaire (ENS)
Wladimir Finkelsztajn, enseignant (SUD éducation) et militant (Collectif libertaire de Bourges)
Hélène Flautre, députée européenne (groupe Les Verts-ALE)
Jean-Marc Fontaine, universitaire et militant associatif (Les engraineurs, Pantin)
Jean-Pierre Fournier, enseignant (CNT)
Philippe Frémeaux, directeur de rédaction d’Alternatives économiques et parent d’élève (FCPE)
Françoise Gaspard, sociologue, universitaire (EHESS) et militante féministe
Abdelaziz Gharbi, militant associatif (L’école des citoyens et Mouvement de l’Immigration et des Banlieues)
Frédéric Gies, performeur queer
Grégory Germain, enseignant
Annie Girod, enseignante (UNSA-enseignants)
Marion Girod, étudiante
Abdelhamid Hamdi-Chérif, universitaire
Aziza Hlilif, élève de terminale
Najia Hlilif, étudiante
Smaïl Hlilif, parent d’élèves et militant associatif (soutien scolaire)
Jérome Host, étudiant, surveillant et militant associatif (Festival Permanent contre les lois racistes)
Christel Husson, étudiante, surveillante et militante associative (Festival Permanent contre les lois racistes)
Rada Ivekovic, philosophe, universitaire (Paris VIII)
Noreddine Iznasni, parent d’élèves délégué (FCPE) et militant associatif (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues)
Salima Jamili, membre du Conseil de la citoyenneté des Parisiens non-communautaires
Horia Kebabza, sociologue et militante associative (Motivé-es Toulouse)
Thomas Lancelot, militant féministe (Mix-Cité)
Éric Lecerf, philosophe, universitaire (Paris VIII)
Catherine Lévy, sociologue (CNRS), présidente de L’École des citoyens
Juliette Loisel, collégienne
Olivier Magnin, militant laïque et coordinateur de projets éducatifs
Youcef Mammeri, enseignant et militant associatif
Joël Mariojouls, enseignant (SNES)
Gérard Mauger, sociologue, universitaire (CSE, IRESCO)
Marie Ménoret, sociologue, universitaire (Université de Caen)
Stéphanie Miny, travailleuse sociale en milieu carcéral et militante associative (Festival Permanent contre les lois racistes)
Alain Morice, anthropologue, universitaire
Laurent Mucchielli, sociologue, universitaire (CESDIP, Paris VII)
Jean-Luc Nancy, philosophe, universitaire
Nathalie Nief, éducatrice (Collectif de la prévention spécialisée)
Gérard Noiriel, historien, universitaire (ENS)
Charlotte Nordmann, étudiante
Bertrand Ogilvie, philosophe, universitaire
Roland Pfefferkorn, universitaire (Université de Strasbourg)
Karina Perez, parent d’élève (FCPE)
Maguelone Périer, enseignante (SDEN-CGT)
Mathieu Potte-Bonneville, enseignant
Franck Poupeau, sociologue (CSE) et enseignant
François Pradal, enseignant
Beatriz Preciado, philosophe, universitaire
Yves Quintal, militant associatif (Égalité-Toulouse Mirail)
Jacques Rancière, philosophe, universitaire
Sophie Ravanel, principale de collège
Marie Renouard, enseignante
Cécile Rigaldiès, enseignante (SGEN-CFDT)
Florence Rochefort, universitaire (CNRS)
Thibaud Roman, parent d’élève
Laurent Rossignol, militant féministe (Femmes publiques)
Sylvie Rouby, militante associative (Act up Lyon)
François Roussel, enseignant
Isabelle Saint-Saens, militante associative (Act up)
Max Sébastien, enseignant
Boris Seguin et Julien Sicard, militants associatifs (Les engraineurs, Pantin)
Leila Soula, aide-éducatrice militante
Anne Souyris, militante féministe (présidente de Femmes publiques)
Pierre Tévanian, enseignant (SNES)
Mathieu Thévenin, enseignant
Marianne Tissot, parent d’élève déléguée (FCPE)
Sylvie Tissot, sociologue, enseignante
Alain Touraine, sociologue, universitaire (EHESS)
Nathalie Vallet, travailleuse sociale
Jean-Pierre Vernant, historien
Pierre Vidal-Naquet, historien
Jérome Vidal, militant associatif (17 octobre 1961 contre l’oubli)
Loïc Wacquant, sociologue, universitaire
Fabrice Weissman, chargé de cours (IEP Paris) et militant associatif (Médecins sans frontières)
Amel Zehouane, enseignante
| Date | Nom | Message |
|---|---|---|
| 25 septembre 2003 | soumare | |
| 28 août 2003 | frache | |
| 22 juin 2003 | Renaud Pasquier, enseignant | |
| 18 juin 2003 | Nour Guerroudj, journaliste | |
| 4 juin 2003 | Mimona MEZRAI | |
| 3 juin 2003 | bernon olivier | |
| 26 mai 2003 | Didier Siméon |
Forum de discussion: 5 Messages de forum
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Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
Juste un mot pour vous dire que le combat d’une femme voilée(et je ne porte pas le voile dit"traditionnel"mais un turban), c’est un combat quotidien pour montrer que NON nous ne sommes pas des femmes soumises mais des femmes comme toutes les autres qui voulont nous aussi travaillés, sortir, etc.....en un mot VIVRE .
Je suis actuellement une formation pour devenir Assistante sociale et je peux vous dire que pour trouver un lieu de stage, c’est pas facile !
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> Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
20.10.03 si effectivement nous pouvons etre sure dans notre coeur que la personne voilée n’est pas obligée...qu’elle suit des preceptes qui l’aideront dans sa construction de femme alors tant mieux !pourtant beaucoup disent qu’elles ont eu l’impression de se liberer et de depasser d’enorme pression en quittant le voile ... ça ne me derange pas de travailer avec une femme voilée.ce que je ne voudrais pas c’est que ça empeche des femmmes qui voudraient quitter le voile ....et vous que pensez vous des femmes maghrebines qui ne veulent plus porter le voile ?
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> Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
moi je suis homme et je vivre en algerie ,et je voie les femmes qui porte le voile et elles sortes et travaille et toutes quelles fait une francaises ou européennes sauff les putes ou les homosexuelles ,et le voile c’est pas une complexe ,c’est une partie de la femme musulmans ,et moi j’ais tres content que je voie une femmes porte un voile ,laissons la libertes a des femmes qui porte la voile
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> Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
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Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
je me suis juré de ne jamais métre les pieds dans des pays ou je ne me sentirais pas libre est heureux. Plutot resté malheureux cher moi.La religion islamique existe en france, elle ne devrais qu’ etre tollèrée.Plus aucunne rue n est sur le soir .Les islamistes ont il peur de ne pas etre reconnus qu’ils ne se distingue pas ?Soyers heureux en france ou rentrer chez vous. Car de plus en plus de français sont à l’interieurdes raciste à retardement.Moi pour ma part est malgres les interdiction , est j ai pourtent essayer de ne plus l etre,je l avou je suis raciste .bon nombre de gents cotoie es etrangers,plus pour se faire bien voir que par plaisir.Nulle n est aveugle meme les gouvernement joue de cette (fraternitée)pour assurée un électora potentiel .Donc ne pas exprimer que l’ons est raciste ne veut pas dire que l’on ne l est pas .Pour une vrais démocratie en France je dis NON aux actesraciste,mais OUI a sa libre expression
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> Oui à la laïcité, non aux lois d’exception
la loi d’exception serait d’autoriser le "voile" à l’école.
N’oublions pas que sur une quarantaine de décisions confirmées par le Conseil d’Etat, le port du voile s’accompagnait du refus de pratiquer certaines disciplines scolaires obligatoires.
La loi qui est toujours applicable, mais tombée en désuétude par un certain laxcisme éducatif, oblige tous les élèves à se découvrir la tête en entrant en classe ou devant un instituteur.
C’est une forme de respect, largement oublié aujourd’hui.