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L’Algérie est au bord du chaos
25 juin 2001 (Algérie, Droits de l’Homme pour tous)
PARIS, 25 juin 2001 (Algérie, Droits de l’Homme pour tous)
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L’assocation Algérie, Droits de l’Homme pour tous (ADHT) qui [oe]uvre pour le respect des valeurs universelles des droits de l’Homme pour tous sans exclusive condamne l’engrenage de violence et de répression que subissent les Algériennes et les Algériens.
Le 18 avril 2001, Massinissa Guermah, 19 ans était assassiné dans un local de gendarmerie à Beni - Douala.
En réponse à la colère de la population de Kabylie, les gendarmes tirent à balles réelles, parfois dans le dos : plus de soixante morts et des centaines de blessés en quelques jours.
Depuis plus de deux mois, des manifestations pacifiques de la population et plus particulièrement des jeunes expriment leur soif de liberté, de démocratie et le ras-le-bol ; ils dénoncent les crimes, la corruption, l’arbitraire et l’autoritarisme aux cris de " pouvoir assassin ".
Humiliations, insultes, détentions arbitraires, destruction de stèles - symboles, agressions physiques sont la réponse des forces de l’ordre qui entretiennent ainsi la colère, voire la haine de la population. Un militaire est lynché à mort à Tizi Ouzou ...
Le 14 juin, à l’appel des comités de village de Kabylie, une manifestation pacifique massive est sauvagement réprimée à Alger avant même qu’elle ait commencé : des voyous soutenus par la police, attaquent des jeunes à l’arme blanche ; deux journalistes sont écrasés par un bus conduit par un cordonnier ; on compte plusieurs morts, des dizaines de blessés poursuivis jusqu’à l’intérieur de l’hôpital
Dans les jours qui ont suivi, à Alger, quatre cadavres sont rejetés par la mer ; d’autres sont retrouvés dans différentes morgues de la capitale ; des jeunes manifestants sont rendus à leurs familles dans un cercueil et une centaine de disparus sont encore attendus.
Aujourd’hui les manifestations de révoltes ont largement dépassé la région de Kabylie et elles sont de moins en moins pacifiques : assassinats de jeunes et de gendarmes, destructions de biens publics et privés, pillages, détentions arbitraires ; marches incontrôlées parfois encadrées par des personnages louches.
Il y a une volonté de diviser les Algériens et le comportement des forces de répression défie toute humanité.
L’explosion actuelle est le résultat de la privation des libertés fondamentales d’une société prise en otage et victime d’une guerre civile qui a déjà fait plus de 200 000 morts et des milliers de disparus.
L’association ADHT lance un appel à :
- Toutes les organisations internationales de défense des droits de l’Homme pour exiger le respect immédiat du Pacte International relatif aux droits civils et politiques et toutes les conventions en matière des droits de l’Homme dont l’Algérie est signataire.
- La Communauté Internationale d’user de tous les moyens dont elle dispose pour faire cesser les violences.
- L’opinion publique internationale pour dénoncer les crimes dont continue d’être victime la population algérienne.
Paris, le 25 juin 2001
Algérie, Droits de l’Homme pour tous (ADHT)
10, rue des Mûriers - 75020 Paris
Tél. : 01 43 44 87 82
e-mail : algeriedht@hotmail.com