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Émission du 28 avril 2009 (n° 401) | Couverture maladie universelle (CMU) | Protection sociale
Loi Bachelot sur les hôpitaux : Quelles conséquences pour les personnes séropositives et la prise en charge des pathologies lourdes et chroniques ?
30 avril 2009 (survivreausida.net)
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Écouter: Loi Bachelot sur les hôpitaux : Quelles conséquences pour les personnes séropositives et la prise en charge des pathologies lourdes et chroniques ? (MP3, 4.6 Mo)
Marjorie s’est rendue à la manifestation des soignants qui a eu lieu mardi 28 avril, pour réaliser quelques micro-trottoirs, sur fond de Magic System.
Quelques associations de patients atteints par le VIH ont appelé a rejoindre cette manifestation, qu’en était-il réellement sur le terrain ?
« Cette loi va exclure tous les soins couteux et non rentable pour l’hôpital, puisque les directeurs d’hopitaux, si la loi passe, vont être les seuls décideurs de l’organisation médicale, et donc des soins que l’ont garde comme rentable, et ceux qu’on ne garde pas, comme non rentables. Alors les personnes en difficultés sociales, les migrants, les personnes agées et les personnes infectées par le VIH vont clairement être des personnes qui vont très rapidement être mis sur la touche par l’application de cette loi. On ne gardera que des activités comme la prothèse de hanche, la chirurgie de la cataracte, et quelques activités très rentable comme ça ».
« Comme c’est des patients qui sont suivi essentiellement à l’hopital parce que c’est une pathologie qui est vraiment pratiquement hospitalière, sur la qualité des soins, la qualité de la prise en charge liée au manque de personnel et au manque de moyen, ça a une répercussion énorme pour ces patients. Je peux vous donner un exemple : dans notre service actuellement on a vingt lits d’hospitalisation, mais on a des problèmes de personnel qui font que les infirmières et les aides soignantes changent quasiment tous les jours. C’est un problème parce qu’il n’y a pas de suivi véritablement des patients hospitalisés, et c’est une vraie difficulté de travailler dans ces conditions. C’est un problème quotidien auquel on est confronté ».
Nabila : « on a entendu pas mal de réponse émanant de médecins qui sont sorti aujourd’hui. Toutes les blouses blanches ont été dans la rue pour défendre l’hopital. Je trouve que ce combat est vraiment légitime, seulement en tant que malade et membre d’une association, je me pose la question sur l’usager, sur le malade chronique.
On vient d’entendre que ça aura des répercussions directement sur nous, mais moi j’ai l’impression en tant que personne qui cotoie tous les jours des personnes malades et des personnes qui sont en longue maladie, dont la plupart sont sous CMU et d’autres qui ne peuvent même pas se payer une mutuelle, qu’on fait les médecins à se moment là ? On a l’impression que déjà l’hôpital est devenu une institution rentable parce qu’ils ne peuvent pas accéder au soin faute de moyen et ils ressentent justement les deux vitesses entre les personnes qui ont les moyens et les autres.
Si je n’ai pas été manifester, c’est que je n’étais pas courant de cette marche, et que comme je l’ai dis, j’ai l’impression que l’hopital est déjà privatisé, et il n’y a pas la place pour les personne précaires qui n’ont pas les moyens de se payer une mutuelle, ou alors les sans papiers malades.
Tina : « J’ai un peu suivi mais pas de très près. Je pense qu’il ne faut pas mélanger deux choses, la question sociale pour les salaires des soignants, des médecins et d’autres part les soins pour les personnes malades. Tout le monde doit pouvoir être soigné en France ».
Larissa : « Moi je pense que les deux vont de paires parce que si les médecins ne sont pas dans des bonnes conditions de travail, automatiquement, ça va se répercuter sur l’état de santé des personnes disons, en grande précarité. Mais par contre, ce que je ne comprend pas, c’est effectivement la place des patients dans cette lutte, pourquoi on n’en a pas entendu parler ?
Peut-être que le fait d’avoir fait du bruit autour de cette manifestation, de faire adhérer les personnes touchées aurait donné plus de poids à cette manifestation. Comme je dis les deux vont de paires. »
« On peux considérer actuellement que les soins sont de plus en plus fait en fonction de la rentabilité, et que la rentabilité devient un critère qui est de plus en plus général, et du fait de la nomenclature des actes et des remboursements, il y a des actes qui sont rentables, des maladies qui sont rentables et des actes, des soins qui ne sont plus rentables. Dans la mesure où la tarification qui est mise en place est à égalité entre le privé et le public, entre tous les hôpitaux, on peux imaginer que certains établissement privés ou publics, ou les deux, choisissent à terme leurs malades et que, quand on est porteur d’une maladie non rentable, on ne puisse plus être soigné dans le secteur public ou même dans le secteur privé. Il y a certaines formes de cancer, notamment chez les sujets agées, ou le VIH pour lequel seul des soins de support ou des soins de confort sont possibles et risque de ne plus être, ou d’être mal remboursé ».
« Le pouvoir va être donné à un directeur administratif. Les médecins n’auront plus de pouvoir décisionnel quant à l’organisation de l’hôpital, et donc ça va donner que ce qui est cher, c’est à dire les pathologies lourdes, les pathologies difficile à traiter, ne pourront plus être traitées dans de bonnes conditions puisqu’on n’aura plus d’argent pour ça.
C’est une destruction de l’hopital public. Ca ne lui permet plus d’assurer la fonction qu’il à au départ, c’est à dire la santé pour tous. Avec les décisions qui seront administratives, ont va arriver à une politique qui est budgétaire, donc ça va être pour eux (les patients) une catastrophe. Surtout que très souvent les patients sidéens sont dans des conditions précaires parce que ça touche beaucoup de populations différentes, mais ça touche aussi beaucoup des populations pauvres, dans la rues, de gens qui sont dans des difficultés financières qui ne leurs permettent pas de payer les traitements de trithérapie. C’est une grosse perte pour eux ».