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Bernard Hirschel | Charge virale indétectable
Le traitement contre le sida prévient la transmission du VIH : L’association allemande Deutsche AIDS Hilfe fait sienne le protocole suisse
27 avril 2009 (The Warning)
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Et une de plus ! Après l’association australienne Positive Life NSW , et alors que la France attend toujours la publication de l’avis du Conseil national du sida sur l’intérêt du traitement anti VIH en prévention, c’est au tour de Deutsche AIDS Hilfe, la plus importante association allemande de lutte contre le sida, de prendre position en faveur du protocole suisse qui affirme que « les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre infections sexuellement transmissibles et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle ».
Le site anglais Aidsmap rapporte que l’association allemande vient de publier un document reconnaissant l’intérêt du traitement en termes de prévention.
Risques similaires entre traitement anti VIH seul et préservatif seul
Selon Deutsche AIDS Hilfe, si les conditions suivantes sont réunies, la transmission sexuelle du VIH est improbable (unlikely) si :
la charge virale du partenaire séropositif est indétectable depuis au moins six mois ;
l’observance au traitement anti VIH est bonne ;
les muqueuses génitales sont en bon état. Dans ces conditions, selon Deutsche AIDS Hilfe, les risques de transmission du VIH sont comparables à ceux liés à un usage systématique du préservatif.
Comme la Commission fédérale suisse liés au sida, la Deutsche AIDS Hilfe met en avant les risques liés aux infections sexuellement transmissibles (IST), à la fois parce qu’elles peuvent augmenter la charge virale (présence du VIH) chez la personne séropositive et endommager les muqueuses sexuelles chez celle séronégative, et ainsi faciliter l’entrée du virus dans l’organisme.
Comme la Commission fédérale suisse, la Deutsche AIDS Hilfe met l’accent sur l’intérêt du traitement anti VIH comme outil de prévention pour les couples stables sérodifférents.
Pour une prévention « réaliste »
Deutsche AIDS Hilfe mentionne les cas où du virus a été détecté dans le sperme d’une personne dont la charge virale plasmatique était indétectable [1] , ainsi que l’unique mais controversé « cas allemand », signalé en août dernier.
Néanmoins, l’association plaide pour une approche de prévention « réaliste » reconnaissant que les individus ne veulent pas nécessairement éliminer tous les risques, mais plutôt faire la balance entre le niveau de réduction du risque et le désir. Elle ajoute que les individus feront leur propres choix en fonction de leurs priorités.
Aussi valable chez les gays
Quid de l’applicabilité chez les gays ? Deutsche AIDS Hilfe rappelle qu’il y a peu d’études sur l’effet du traitement anti VIH sur les infections chez les gays, mais estime que des preuves scientifiques seront difficiles à produire dans un futur proche. En conséquence de quoi l’association soutient qu’il est logique de faire l’hypothèse que la réduction drastique de l’infectiosité en cas de charge virale indétectable a lieu aussi chez les hommes homosexuels.
Une argumentation très proche de celle du professeur genevois Bernard Hirschel, dans une interview [2] qu’il donnait récemment au magazine Transversal de l’association Sidaction : « On ne dispose pas d’études sur la transmission au sein des couples homosexuels sérodifférents. Et il sera très difficile d’en obtenir. Or, lorsqu’on ne dispose pas d’études, il faut se rabattre sur la logique. Les hétérosexuels pratiquent également le sexe anal, au moins à 10%, selon les études. Il est vrai qu’il y a depuis longtemps une controverse sur un risque de transmission possiblement plus élevé lors de relations anales que vaginales - certains proposent 10 fois plus, mais cela ne fait pas consensus. En fait, quelques études menées chez des patients non traités suggèrent que les risques de transmission par sexe vaginal et sexe anal ne sont pas très différents. Par exemple, dans certains cas précis où les expositions au VIH sont répétées et multiples, les risques d’infection sont similaires, qu’il s’agisse d’homosexuels à San Francisco ou de prostituées en Afrique. Enfin, une étude [2] conduite par David Wilson aboutit à des taux de risques similaires entre les deux conditions « préservatif sans traitement » et « traitement sans préservatif » chez les couples gays après 100 rapports sexuels ».
Charge virale indétectable versus préservatif
La Deutsche AIDS Hilfe fait également le point sur les avantages et inconvénients de chaque méthode :
Les préservatifs impliquent des discussions moins complexes entre les partenaires. Ils offrent une certaine protection contre les IST. Mais en revanche, ils sont moins efficaces quand ils ne sont pas utilisés correctement ou pas systématiquement.
L’approche « charge virale » de son côté, fournit une protection contre les pratiques généralement considérées comme insuffisamment risquées pour rendre nécessaire l’usage des préservatif (fellation) et le désir d’enfant par la voie naturelle est alors possible. En revanche, ce protocole ne protège pas contre les IST. Les conditions de sa mise en œuvre sont complexes, et un accroissement de la charge virale reste possible.
Warning espère que le Conseil national du sida saura prendre en compte une telle approche « réaliste » de la prévention, et reconnaitra l’intérêt des traitements, non seulement en termes de prévention au niveau collectif, mais également individuel.
Qu’il reconnaitra la pertinence des approches préventives désormais formulées en Suisse, en Australie et en Allemagne, que ce soit en termes d’amélioration de la qualité de vie des personnes séropositives et des couples sérodifférents, de lutte contre la stigmatisation, d’incitation au dépistage, et de maitrise égalitaire des risques par tous.
Notes
[1] voir par exemple Marcelin A-G et al. Detection of HIV-1 RNA in seminal plasma samples from treated patients with undetectable HIV-1 RNA in blood plasma. AIDS 22 : 1677 - 79, 2008.
[2] Wilson D. et al., The Lancet, 2008, 372 ;314-20
Documents joints
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| HIV-Therapie und Prävention : Positionspapier der Deutschen AIDS-Hilfe e. V. (PDF, 168.9 ko) |
Forum de discussion: 2 Messages de forum
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Le traitement contre le sida prévient la transmission du VIH : L’association allemande Deutsche AIDS Hilfe fait sienne le protocole suisse
Extrait d’un document lu sur le site du SNEG :
Pour étayer sa prudence, l’équipe de prévention cite d’ailleurs le témoignage de médecins partenaires du SNEG, faisant état d’un couple séro-différent homosexuel suivi par le Dr Jean Derouineau, de l’Institut Alfred Fournier et attaché à l’HEGP, qui est devenu séro-concordant en 2007, à partir du partenaire traité à charge virale indétectable vers son partenaire fixe. "Ces partenaires avaient tous deux décidé de ne pas utiliser de préservatif en informant leur médecin et ce, sur la base de connaissances et de leur évaluation personnelle du risque de la transmission du VIH en fonction de la charge virale, rapporte le SNEG qui ajoute :"le génotypage du VIH infectant le partenaire récemment contaminé montre un VIH identique à celui de son partenaire d’une part, et l’analyse de leur sexualité dans les mois précédents d’autre part confirme la transmission de ce virus au sein du couple".
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Le traitement contre le sida prévient la transmission du VIH : L’association allemande Deutsche AIDS Hilfe fait sienne le protocole suisse
the position paper of deutsche aidshilfe is available in english also : http://www.aidshilfe.de/media/de/0904_DAH-Papier_HIV-Therapie_und_Praevention_Englisch.pdf . un version francais va suivre cette semaine ... www.aidshilfe.de :