Charge virale | Contamination et prévention | Homosexualité | Sexe et sexualité
Rectificatif d’un communiqué d’Act Up Paris concernant les nouvelles recommandations des experts pour les personnes séropositives sous traitement
30 janvier 2008 (papamamanbebe.net)
4 Messages de forum | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Un groupe d’experts vient de publier en Suisse les preuves scientifiques que les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle. En France, le site papamamanbebe.net a ouvert le débat avec l’interview de Bernard Hirschel, un des spécialistes à l’origine de cette publication.
PARIS, le 30 janvier 2008 (papamamanbebe.net) — Un communiqué désinvolte et imprudent de l’association Act Up Paris remet en question les nouvelles recommandations publiées par un groupe d’experts du VIH en Suisse pour les personnes séropositives sous traitement.
Il est nécessaire de le rectifier parce qu’il s’agit d’un débat qui sera déterminant pour l’avenir des personnes séropositives et de ceux et celles qui partagent leurs vies :
La phrase « Cherchez l’erreur » dans le titre est diffamatoire car elle insinue, à tort, qu’il y aurait une erreur dans les données scientifiques ou dans les faits avancés par les experts. Les divergences portent sur l’appréciation du niveau de preuve (est-il suffisant pour tirer des conclusions ?) et sur le mode de communication adopté.
Le communiqué évoque l’attente hypothétique d’une « confirmation » (de qui ?) alors qu’il s’agit de données validées par des experts reconnus et, justement, d’une confirmation de la valeur et de l’intérêt de celles-ci pour les personnes atteintes.
L’avis des experts n’est en aucun cas restreint aux couples hétérosexuels, contrairement à ce qu’affirme Act Up Paris, qui avance implicitement l’argument homophobe de l’inexistence de couples stables dans la communauté homosexuelle ( !).
L’unique citation des recommandations des experts dans le communiqué est tronquée. Alors qu’Act Up Paris la présente comme une reconnaissance par les experts d’une incertitude concernant les nouvelles recommandations, la citation complète déclare que s’il « n’est pas possible de prouver la non-survenance d’un événement certes improbable, mais théoriquement envisageable », « les informations disponibles sont suffisantes pour justifier » des conclusions des experts.
En fantasmant sur un « danger » supposé et des « discours imprudents, triomphalistes ou désinvoltes » (de qui ?), Act Up Paris nourrit la stigmatisation des personnes atteintes, déjà infantilisées comme des irresponsables incapables de se soucier de leur santé ou de celle des autres et perçues comme un danger pour la santé publique.
Sachant que les modes de contamination en Suisse ne diffèrent pas de ceux en France, rien ne justifie l’attente par l’association des recommandations des experts « made in France ». La véritable question, c’est pourquoi les recommandations françaises n’avaient jamais abordé clairement cette question de la réduction de la charge virale dans la prévention, alors que des données démontrant son intérêt existent depuis au moins sept ans.
Les associations issues du mouvement homosexuel sont en plein désarroi face à la revendication d’une frange de leur communauté d’un « droit » aux rapports non-protégés voire même celui de contaminer sciemment autrui [1]. Cette préoccupation ne saurait servir de prétexte pour passer sous silence ou étouffer des avancées de la médecine susceptibles de réduire les contaminations, d’améliorer la qualité de vie des couples vivant avec le VIH et de transformer, à terme, l’image publique des personnes atteintes.
Un message préventif qui grossit tous les risques et ne correspond pas à la réalité perd en crédibilité et en efficacité.
Pour comprendre les enjeux du débat
Recommandations de la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida
Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle
La prévention du sida devient plus simple, mais aussi plus complexe !
Entretiens de l’émission survivreausida.net
Entretien avec Bernard Hirschel : Peut-on contaminer quand on a une virémie indétectable ?
Pietro Vernazza, spécialiste de la transmission sexuelle du VIH : « D’ici quelques années, les couples sérodifférents auront des relations non-protégées... sans risque, grâce aux médicaments ! »
Manon et Yannick, couple sérodifférent ensemble depuis 16 ans : « L’AMP en France n’a pas répondu à nos besoins, l’étude de Pietro Vernazza est un espoir »
Contributions au débat
Patients treated for HIV, with undetectable viremia, are no longer infectious : arguments for and against
Sidamour : point de vue de Serge Hefez sur les rapports non-protégés dans le couple sérodifférent
Révolution dans la vie sexuelle des séropositifs : Willy Rozenbaum réagit à l’entretien avec Bernard Hirschel
Notes
[1] Lire notamment Paris, capitale des backrooms (Libération) et L’injection intentionnelle du VIH pendant des orgies homosexuelles révulse les Pays-Bas.
Forum de discussion: 4 Messages de forum
S'abonner au forum de cet article (RSS)
Réagir à cet article
-
Rectificatif à un communiqué d’Act Up Paris concernant les nouvelles recommandations des experts pour les personnes séropositives sous traitement
Il est fort probable que ce soit l’avis de la commission Suisse qui relève de l’imprudence compte-tenu du manque de données sur cette question. Rien nouveau sous le soleil en fait et cette commission va bien au-delà des chercheurs ayant menés ces travaux. Surtout les références utilisées passent sous silence de nombreuses études plus récentes qui viennent relativiser la question.
Où avez-vous vu qu’Act Up prétendait qu’il n’y avait pas de couples stables chez les homosexuels ? L’argument est qu’il n’y a pas d’étude de cohortes concernant les homosexuels. C’est sans doute la raison pour laquelle la commission ne s’engage pas sur ce terrain d’autant que quelques articles scientifiques indiquent que la charge virale dans le rectum n’est pas directement corrélée à la charge virale dans le sang.
Dommage que votre participation au débat s’arrête aujourd’hui à la critique mensongère et à l’opprobre.
Salut à tous et prenez soin de vous
-
Rectificatif à un communiqué d’Act Up Paris concernant les nouvelles recommandations des experts pour les personnes séropositives sous traitement
L’avis de la commission suisse relève du courage politique de la part des médecins qui ont décidé qu’il est urgent de repenser la prévention à la lumière des données scientifiques et de l’épidémie aujourd’hui.
S’il manque des données, ce qui est contestable, rien ne permet de penser ques les données manquantes diront autre chose que celles dont nous disposons déjà : pas de charge virale dans les conditions définies par la commission = pas de contamination.
Si ce n’est rien de nouveau sous le soleil, alors pourquoi donc les recommandations d’experts français ont systématiquement minoré ou ignoré cette question ?
Où sont ces nombreuses études récentes que vous évoquez ? S’il s’agit des travaux de Rouzioux ou de l’article dans Cell, dans les eux cas il s’agit de travaux de virologie dont la pertinence pour la clinique est loin d’être certaine.
Le communiqué d’Act Up prétend que les recommendations ne s’appliqueraient qu’aux hétérosexuels. Je vous retourne votre question : où avez vous vu ou lu cela, ce n’est pas dans les recommendations ! Les quelques articles que vous citez ne permettent pas d’établir qu’un anus est plus contaminant qu’un vagin.
À chacun de juger si les critiques de papamamanbebe.net sont mensongères, et d’apprécier celles d’Act Up Paris qui vont au-delà du mensonge en stigmatisant les personnes séropositives.
-
Rectificatif à un communiqué d’Act Up Paris concernant les nouvelles recommandations des experts pour les personnes séropositives sous traitement
Je pense que vous ferez mieux de relire les arguments avancés par les experts suisses. Que l’on soit homosexuel ou heterosexuel, la mesure de la viremie indetectable est le meme pour toute les personnes seropositives sous traitement efficace. Maintenant les études confirment que le risque de contamination pour les rapports anaux (en contrôlant les autres facteurs de risques) sont nettement plus elevés comparativement aux rapports vaginaux et oraux. Par conséquent il est logique que le risque de contamination qui loin d’etre nul pour les personnes sepositives sous traitement avec viremie indetectable sans autres coinfections d’une IST sera diffrent plus important pour les rapports anaux (y compris les couples heterosexuels. Toutefois je trouve dommage que Act up paris fasse une intepretation tendancieuse et partisanne des recommendations des experts suisses.
-
Rectificatif à un communiqué d’Act Up Paris concernant les nouvelles recommandations des experts pour les personnes séropositives sous traitement
-
Rectificatif d’un communiqué d’Act Up Paris concernant les nouvelles recommandations des experts pour les personnes séropositives sous traitement
Il est clair qu’il est temps qu’une remise à plat d’un système nouveau de prévention du vih auprès des nouveaux dépistés et du grand public ainsi que l’aide à la procréation ( avec touts les inconvénients qu’elle comporte, césarienne, thérapie administrée au bébé,...) devient désormais urgente et nécessaire malgré les effets collatéraux que celui-ci ferait subir aux diverses institutions endormies sur leurs lauriers, gérantes d’une situation basée sur un raisonnement par défaut ou obstinément communautaire.
