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Maroc
Journée mondiale de lutte contre le Sida : les sidéens marocains entre espoir et mépris
4 décembre 2006 (L’Opinion)
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« STOP SIDA : Tenez la promesse ». Le slogan de la journée mondiale de lutte contre le Sida, célébrée aujourd’hui 1er décembre, est on ne peut plus claire. Responsables gouvernementaux et associatifs, avez-vous fait ce qu’il fallait faire et que vous vous êtes engagés à mettre en œuvre pour juguler l’expansion de la pandémie ? Les statistiques vont se charger de donner la réponse. Au Maroc, le nombre de personnes infectées est en progression. Il y a, actuellement au Maroc 2080 malades du Sida ! Du moins ceux qui ont été comptabilisés par le Ministère de la santé. Pour le nombre de séropositifs, il faut multiplier ce chiffre par dix ! De quoi avoir la chair de poule.
Tenir ses promesses relève du sens de la responsabilité, et c’est à cette responsabilité que fait allusion le slogan de la journée mondiale de lutte contre le Sida de cette année. Responsabilité envers les populations, menacées par cet ennemi invisible qu’est le virus VIH et son activité sournoise. Responsabilité envers les malades du Sida, qui ont besoin non seulement de médicaments mais aussi et surtout du soutien de tous, matériel et moral. L’accent a été mis cette année, à l’échelle mondiale, sur l’apport de la société civile dans l’effort de guerre contre le Sida.
Responsabilité envers les malades du Sida et participation de la société civile se sont conjugués cette année pour donner naissance à la toute première association marocaine de malades du Sida. Jamal Khalid, président de l’« Association Le Jour », a été l’invité d’honneur de la conférence de presse du réseau des ONG actives dans le domaine de la lutte contre le Sida.
Désormais, il faudra compter avec ce nouveau né, soigné à la trithérapie, en tout ce qui concerne la communication sur ce sujet socialement sensible et pour faire entendre la voix des principaux concernés : les porteurs du virus. Soumis à toute sorte de mépris, quelque fois « de la part même de ceux qui sont censés leur venir en aide », ces séropositifs ont décidé de prendre le taureau par les cornes, d’affronter la société sans le moindre sentiment de honte et de se prendre en charge. Pas question pour eux de se laisser exploiter dans leurs soffrances.
A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, le réseau des ONG marocaines actives dans ce domaine a donc organisé, mercredi 29 novembre, une conférence de presse au cours de laquelle divers sujets ont été traités. Ce réseau, qui compte 30 associations, a été créé à l’initiative d’OPALS dans l’objectif de coordonner et de combiner les efforts pour une lutte plus efficace contre les IST/SIDA (IST : infections sexuellement transmissibles), et ce à l’échelle locale, nationale, régionale et internationale.
Le Pr. Sekkat, président de la Ligue marocaine contre les maladies sexuellement transmissibles, a mis l’accent lors de son intervention sur les recettes de Sidaction 2005, regrettant l’absence de solidarité normalement inhérente à l’action associative. Le Pr. Sekkat a rappelé que pour la population en général et les malades du Sida en particulier, les dons collectés lors du Sidaction sont destinés aux malades qui en ont besoin et ne font pas la distinction entre les ONG, celle qui a reçu les fonds et les autres qui n’ont rien encaissé.
Cette situation a débouché sur une sorte de malaise ambiant, la crédibilité des associations luttant contre le Sida ayant été ainsi injustement écornée, alors que la confiance des gens est le capital principal de ces organisations dans leurs efforts pour enrayer la progression de la pandémie. Des questions demeurent sans réponse, notamment sur le montant réellement amassé lors de l’appel aux dons et la ventilation des fonds ainsi collectés.
Sauver les bébés des mères porteuses du virus VIH est l’appel lancé par l’Association des genycologues obstétriciens privés de Rabat Salé Témara, association créée en 2000 dans le but de veiller à la stricte observation de la déontologie dans l’exercice de la profession et présidée par le D. Jirari Abdelali. Les genycologues obstétriciens privés de la capitale et environs ont fait de la sensibilisation des femmes atteintes du Sida avant leurs grossesses et du dépistage nécessaire du VIH leur cheval de bataille, résolus à faire ce qu’il faut pour sauver les bébés. Ils tiennent à informer l’opinion publique qu’il est possible d’éviter aux enfants portés par des femmes infectées la transmission du virus VIH si le dépistage se fait à temps et que ces futures mères soient soigneusement prises en charge et convenablement traitées. Le taux de réussite est plus qu’encourageant : 99% !
Asmaa Rhlalou et Ahmed Naji