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Émission du 23 mai 2006 (n° 276) | Double Peine
Double Peine : En Meurthe-et-Moselle, la préfecture et l’hôpital laissent mourir un malade, ni expulsable, ni régularisable
25 mai 2006 (survivreausida.net)
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Écouter: Double Peine : En Meurthe-et-Moselle, la préfecture laisse mourir un malade, ni expulsable, ni régularisable (MP3, 1.8 Mo)
Dominique de Nancy nous appelle. Séropositive depuis 18 ans, elle est une militante en colère parce qu’elle est témoin de la situation invivable dans laquelle se trouve son ami, qui est Double Peine, inexpulsable mais irrégularisable.
Il a un suivi à l’hôpital qui est « merdique », « n’importe quoi », où il est traité comme un moins que rien.
Dominique l’a connue il y a treize ans, à sa sortie de prison. Il est de Paris, mais il est aujourd’hui assigné à résidence en Meurthe-et-Moselle.
Malgré le fait qu’il est né en France, depuis treize ans la préfecture lui délivre des autorisations provisoires de séjour.
Il a été reconnu à 80% par la COTOREP, mais la CAF refuse de lui payer l’AAH sous prétexte qu’il n’a pas la carte d’un an.
À l’émission, nous connaissons bien le torchon vert dénommé « APS ».
Akli D., qu’on a vu récemment chanter contre l’immigration jetable, réagit à cette auditrice, pour encourager son ami à sortir de l’ombre.
Mais Dominique cite en exemple des cas de malades expulsés, ce qui justifie pour elle la crainte de son ami, qui préfère « ne pas faire de vagues »... C’est pourquoi Dominique estime qu’il n’acceptera pas de venir parler, en son propre nom, de son combat pour faire relever les interdictions du territoire et s’affranchir de la Double Peine.
Vu de l’autre rive de la Méditerrannée, Nasr-Eddine, qui nous visite depuis Oran, encourage Dominique à garder son courage, et s’étonne de la réalité française qu’il découvre : « Malheureusement, en France il n’y a pas de démocratie! »
Au Comité des familles, nous rappelons que ce sont les « Double Peine » qui ont mené le combat pour protéger les malades de l’expulsion et obtenir la carte de séjour pour toutes les personnes atteintes de pathologie grave.
L’ironie du sort, avec la complicité des associations classiques de lutte contre le sida et des organisations humanitaires, c’est que les Double Peine sont les seuls laissés pour compte de la loi... D’autant plus que le co-infection avec l’hépatite C est responsable d’une deuxième vague de la mort parmi cette génération, qui a payé le prix fort de sa toxicomanie et de sa délinquance.