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Palestine | Yasser Arafat
Le New York Times s’est procuré le dossier médical d’Arafat
8 septembre 2005 (Libération)
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Yasser Arafat est mort de mort naturelle, mais d’une maladie qui reste mystérieuse. C’est ce qu’affirme jeudi le « New York Times » qui a obtenu, pour la première fois depuis la mort du leader palestinien, accès à son dossier médical. Selon le quotidien américain, ce document montre « qu’il est mort d’une attaque résultant d’un problème sanguin lié à une infection indéterminée ». Les médecins français qui ont soigné Arafat n’ont pas réussi à identifier la nature exacte de l’infection qui a entraîné un effondrement du taux de plaquettes sanguines fatal au dirigeant palestinien, affirme le journal.
Mais si la cause précise du décès reste inconnue, le rapport médical rédigé par le docteur Bruno Pats, chef du service de soins intensifs de l’hôpital militaire de Percy, élimine presque complètement la piste d’un empoisonnement. On apprend que le président de l’Autorité palestinienne, assigné à résidence dans son QG de Ramallah et d’abord soigné pour une « grippe », a reçu des antibiotiques seulement deux semaines après le début de sa maladie. Deux jours avant son transfert en France et « probablement trop tard », affirme l’article du « Times ».
Le journal (qui partage ce scoop avec deux journalistes israéliens, Avi Isacharoff et Amos Harel) a demandé à des experts médicaux anonymes et indépendants d’examiner le dossier de feu le Raïs, jalousement gardé par sa famille depuis son décès le 1er novembre 2004.
Alors que la thèse de l’élimination d’Arafat par les Israéliens circule toujours en Palestine, ces spécialistes estiment que l’empoisonnement est « hautement improbable ». Les examens toxicologiques réalisés dans plusieurs laboratoires français n’ont détecté aucune substance anormale, affirme le quotidien. « Les chercheurs disent qu’Arafat ne souffrait pas des lésions étendues aux reins et au foie que l’on constate en cas d’empoisonnement, bien qu’il ait eu effectivement une jaunisse », poursuit le « Times ».
Les experts consultés écartent également la possibilité d’un décès dû au sida « à cause de l’irruption soudaine de troubles intestinaux ». Ils regrettent néanmoins qu’aucun test du virus HIV n’ait été pratiqué, ce qui aurait permis de faire taire une rumeur toujours persistante.