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Un numéro de revue toujours d’actualité. A lire.
La santé des migrants
4 septembre 2005 (survivreausida.net)
Etat des lieux et prospective
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Avant-propos de Mohamed EL MOUBARAKI. Hors-série nº 1, Migrations Santé
Voir en ligne : Migrations Santé
Les populations migrantes qui sont les plus touchées par la précarité subissent la discrimination sous toutes ses formes. Or, il s’avère que le non-accès au système de santé est l’une des facettes les plus manifestes de cette discrimination.
À catégorie et situation sociale comparables, les risques en matière de santé "à la base" ne sont pas particulièrement différents entre Européens et immigrés ; du point de vue épidémiologique, les migrants ne présentent nullement des maladies particulières, mais ils sont parmi les populations les plus vulnérables. En effet, en raison de leur précarité et face à un système de santé qui leur échappe, les migrants sont dans une situation de fragilité. C’est par conséquent au niveau de l’interprétation et des conditions d’accès aux circuits de prise en charge que les variables d’ordre culturel viendront jouer un rôle d’accentuation dont les problèmes pourront se manifester et être pris en compte au niveau institutionnel.
Les recherches-actions et les actions sur le terrain ont permis de confirmer ce que tout le monde subodorait, à savoir que : les migrants et les réfugiés présentent souvent des difficultés d’accès aux soins et aux systèmes de santé les professionnels de la santé sont demandeurs d’information, de formation et d’outils pour améliorer leur communication avec les personnes d’origine migrante, et permettre ainsi l’efficacité thérapeutique, dans un cadre éthique rigoureux les politiques sécuritaires menées par certains état de l’Union Européenne viennent parasiter la mise en place de projets adéquats pour une meilleure intégration des populations migrantes Ce constat a obligé les professionnels de la santé à réfléchir et agir, dans des conditions difficiles, pour aboutir à la reconnaissance de la place du social (logement, conditions d’accueil) et du culturel (différences dans les habitudes de soins).
Il en ressort qu’un accompagnement médico-social spécifique est nécessaire.
En effet, toutes les actions de prévention qui ont été menées face au public migrant se sont heurtées à un certain nombre d’obstacles, tout particulièrement : la difficulté à maîtriser la langue du pays d’installation, qui reste souvent confinée dans la sphère professionnelle la difficulté à intégrer les codes culturels de la société d’accueil La prévention auprès des migrants doit donc imaginer un mode d’approche et de communication qui permette de toucher les populations précarisées et exclues des actions de prévention. Elle doit s’inscrire dans une approche globale de la santé en tenant compte des représentations culturelles, des dimensions physiques, mentales, sociales et environnementales des populations migrantes et adapter par conséquent les messages de prévention. Elle doit être une démarche participative qui concerne les institutions, les élus, les travailleurs sociaux, le tissu associatif et les usagers, ceci afin de donner à chaque individu et à chaque groupe le moyen de prendre en charge sa propre santé et de l’améliorer. Elle doit se faire en partenariat, se réaliser à l’intérieur des communautés en s’appuyant sur des relais et prendre place dans des actions plus générales comportant la santé et l’hygiène de vie. Dans cette optique, la formation des professionnels de la santé s’impose comme une nécessité.