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Émission du 9-10-11 novembre 2004 (n° 215) | Chiffres du sida | France Lert | Protection sociale
L’année de tous les dangers : qui sont les séropositifs en 2004 (avec France Lert)
9 novembre 2004 (survivreausida.net)
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Rencontre avec France Lert, qui a étudié les conditions de vie de 3000 séropositifs
France Lert est chercheuse, nous l’avons connu à l’occasion de la première rencontrer organisée par l’ANRS sur le sida et l’immigration [1]. À l’époque, nous avions dénoncé le peu d’intérêt accordé par la recherche aux questions qui comptent dans la vie des séropositifs, en posant la question suivante : la recherche s’intéressera-t-elle aux conditions de vie des malades issus de l’immigration ?
Quatre ans plus tard, France Lert publie les premiers résultats de l’enquête VESPA, pour laquelle près de 3000 séropositifs ont été interrogés sur leurs situations et parcours.
On y apprend que la moitié des séropositifs sont au chômage, et que la perte de l’emploi arrive souvent en même temps que la maladie. Sept personnes atteintes sur dix sont des hommes, mais chez les immigrés les femmes sont beaucoup plus représentées. Presque la moitié des séropositifs vivent en région parisienne.
Les Immigrés sont trois fois plus touchés par le sida que les Français, et près d’une femme séropositive sur 3 est immigrée.
La seule population chez qui le sida a reculé, ce sont les usagers de drogue. Par contre, chez les hommes homosexuels, l’épidémie continue de battre son plein, alors qu’ils sont les mieux lotis financièrement, en terme d’emploi et d’accès à l’éducation (69% travaillent, la moitié cadres ou professions intermédiaires).
Enfin, la solitude touche près de la moitié des hommes, et une femme sur quatre.
Au début, l’épidémie portait un visage, celui des homosexuels blancs des classes privilégiés, même si dans les faits d’autres catégories de la population en bavaient dans les cités et les quartiers ouvriers et immigrés. Aujourd’hui, heureusement, beaucoup de gens contaminés il y a plus de dix ans sont encore là pour en parler. Mais une nouvelle génération de séropos, qui n’ont connu que l’époque où les médicaments permettent de vivre avec le virus, arrivent avec leurs préoccupations, leurs idées et leurs points de vue.
Première question pour France Lert, donc, quel visage pour l’épidémie aujourd’hui ?
Deuxième question pour France Lert, qui rend compte d’une étude sur le vécu de 3000 séropositifs de toutes origines. Comment se fait-il que malgré l’existence de médicaments efficaces, la situation sociale des séropositifs reste aussi déplorable ?
Même les séropositifs qui avaient tous leurs droits se retrouvent aujourd’hui précarisés
Alors que les sans papiers ont servi de chair à canon dans la guerre menée par le gouvernement pour détruire la sécurité sociale, aujourd’hui même des séropositifs qui avaient tous leurs droits se retrouvent aujourd’hui précarisés. En témoigne ce courrier, reçu de notre ami Joël, qui est salarié dans une association classique de lutte contre le sida.
Je m’appelle Joël, j’ai 40 ans.
Je prends la plume. Je suis séro depuis 13 ans, déclaré sida en 1998. J’ai eu de la chance d’en sortir avec pas trop de bobos, mais avec des soins annexes (psy, neuro, kiné) et comme beaucoup j’ai pas les moyens de payer ces practiciens. Donc, la sécu m’avait octroyé l’an passé de quoi payer ces soins.
Là, depuis juin 2004, cette aide m’a été scurée sans autre motif que « il n’y a plus de fonds »... et un hiatus sur l’octroi. À croire que pour eux, le sida c’est fini. je me suis fait jeter comme un vulgaire machin, car la personne partait en vacances. Mois cela fait 15 ans que je ne suis pas parti.
De plus, la CAF a cru bon de me supprimer l’APL et de réclamer l’an dernier, car j’ai été augmenté de 100 euros par an pour ma pension invalidité 2ème catégorie. Vu que je ne touche que 845 euros, ils m’en réclament le double plus les soins, car les médecins sont plus humains : ils poursuivent les soins « gratuitement » et je leur dois pas loin de 1500 euros. C’est de la folie.
J’ai écrit au président Chirac, Douste Blazy, à la région Ile-de-France et rien. Rien. Je ne sais quoi faire.
J’ai même voulu arrêter mes traitements et j’ai averti les médias. Ils s’en foutent complètmeent (M6, Libé, Le Parisien, FR3, France 2). C’est pas un sujet d’actualité, voilà ce que j’ai eu comme réponse... à pleurer.
Je ne sais pas si d’autres séros sont dans le même cas, mais il faut que l’on se bouge, dire que l’on est vivant, que l’on paye nos impôts et tout le reste.
Il paraît que l’extrême-droite ne peut ou ne pouvais être élu. J’ai l’impression qu’avec des gens comme Sarkozy, Doust Blazy et consorts, que l’on en en plein dedans. Cela porte un nom : c’est de la discrimination, répréhensible par la loi.
Il faut qu’ils arrêtent de ne penser qu’à nous le 1er décembre, car là ils sont tous là comme des charognards pour redorer leurs blasons. Je suis très aigri devant ce je-m’en-foutisme, car ils touchent leurs 10000 euros mini (je le sais car j’ai vu les fiches de paie) allant jusqu’à 30 ou 60 mills. C’est scandaleux pour des guignols.
Voilà, je voulais parler de ce que je vis. Je souhaite aussi que cela soit diffusé si possible.
Notes
[1] Lire Pourquoi nous refusons la parodie de l’Agence nationale de recherche sur le SIDA (ANRS), le programme de la rencontre Sida et immigration : la recherche en question et notre dossier réuni à cette occasion, La gestion de la misère en question : pourquoi nous refusons la parodie de l’Agence nationale de recherche sur le SIDA.
Documents joints
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| Populations et société n° 406 : présentation de l’enquête Vespa (PDF, 440.8 ko) |
| Enquête ANRS-VESPA : premiers résultats (PDF, 222.9 ko) |
| Comment vit-on en France avec le VIH/sida ? (PDF, 119.3 ko) |
Forum de discussion: 4 Messages de forum
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L’année de tous les dangers : qui sont les séropositifs en 2004 (avec France Lert)
Je suis si désolée, on croit vivre dans un pays civilisé et démocratique mais les exemples sont nombreux , ceci n’est qu’une vitrine quand on pense qu’à la sécu on paye des appartements de fonctions pour les hauts fonctionnaires dont les fiches de paie doivent surement nous "cramoisir" la gueule. j’ai honte et j’ai les boules quand je pense que ces gens sont payés pour prendre veiller a la prise en charge des malades et de leurs droits et qu’ils vivent de nos malheurs A un homme touché par le virus le plus dur à porter psychologiquement et socialement , on dit " pas de subvensions" autant l’envoyer a la mort. moi je dis " pas d’humanité" et ca me fout la rage mais je ferme pas les yeux pour toi joel et tant d’autres quand il le faudra je me leverai.
Je t’embrasse chaleureusement et je compatit a ta douleur et ton incompréhension de l’inacceptable. Et mes mots ni ceux des autres ne suffiront jamais. c’est comme çà
Nora
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L’année de tous les dangers : qui sont les séropositifs en 2004 (avec France Lert)
Salut J’ai 48 ans, je suis un homme. Je suis séropositif depuis 1988 Mon etat actuel s’est calé sur 100 CD4. Mon traitement aujourd’hui et depuis 8 mois totalement inéficace : Viracept,Viread, T20, IL2 Ma question : que penser de Viréad, j’ai lu enormément de critique sur ce médicament et le labo qui le vend. Eventuellement des temoignages d’utilisateurs . Merci Je viens d’arreter de mon propre chef Viréad, et je flipe, c’est une 1ere pour moi en 17 ans. fois
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En échec thérapeutique, que penser de Viread ?
Les critiques contre le laboratoire Giléad qui fabrique le Viréad concerne l’utilisation du Viréad dans des essais cliniques dont les participants séronégatifs n’ont pas de garantie concernant leur accès aux traitements en cas de contamination (l’idée est de prendre 1 Viréad par jour en prévention, pour empêcher la contamination, mais personne ne sait si ça marche !).
Concernant l’efficacité et la sécurité de Viread, comme pour la plupart des nouvelles molécules il existe très peu de données fiables, encore moins celles qui ne sont pas issues de recherches sponsorisées par le laboratoire.
Malgré ces incertitudes, il y aurait peu d’effets secondaires et Viread serait efficaces en trithérapie, sauf dans certaines combinaisons comme en association avec le Videx.
Votre traitement est un traitement de sauvetage, face à l’échec thérapeutique des traitements de première et secondes ligne.
Il me semble peu probable que Viread soit responsable de cet échec, mais c’est difficile d’en dire plus en l’absence d’éléments plus complets sur votre histoire thérapeutique et les résultats de tests de résistance.
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En échec thérapeutique, que penser de Viread ?
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> Qui sont les séropositifs en 2004, l’année de tous les dangers (avec France Lert)
Les chercheuses et les chercheurs de l’INSERM ne sont pas des modèles en matière d’indépendance, de transparence, d’objectivité et de crédibilité...
