Accueil du site > Revue de presse >
Liban
Le sida au Moyen Orient
7 octobre 2004 (Al Safir)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Traduit de l’article en arabe de F. Gosn, paru le 28 Septembre 2004 dans le journal libanais "Al Safir" , autour d’un compte-rendu du colloque organisé à Beyrouth par le Bureau Régional de l’Unesco à propos du rôle de l’information dans la sensibilisation aux problèmes du sida.
Au niveau international, le nombre de personnes atteintes par le virus du sida, selon les estimations du programme des Nations-Unies pour le Sida en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé, se monte, jusqu’en Juillet 2004, à environ 38 millions, avec pour cette seule année, quatre millions et 800 000 personnes atteintes et la mort de deux millions et 900 000 personnes.
En ce qui concerne la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (auquelles s’ajoute l’Iran et le Pakistan) on estime à 480 000 les personnes atteintes dont 75 000 cette année.
C’est un chiffre peu élevé en comparaison des chiffres internationaux, puisqu’il correspond à environ 1,3 des personnes atteintes au niveau mondial, l’Afrique Subsaharienne restant le centre de l’épidémie.
Malgré cela, trois pays arabes ont aujourd’hui atteint le stade de l’épidémie, le Soudan, Djibouti et la Somalie.
Le Docteur Mustafa Al Naqib, directeur du programme de lutte contre le Sida au Liban estime que : "les statistiques sont manquantes ou insuffisantes ou encore peu organisées dans 99,99 des pays arabes. De même des pays refusaient de déclarer les cas détectés chez eux, mais cela a commencé à changer quand ils ont pris conscience de l’étendue du danger." Al Naqib déclare aussi que les aides apportées par les organismes internationaux sont peu élevées vu le nombre réduit de personnes atteintes : "Pendant longtemps, nous n’avons pas été parmi les priorités. Mais la situation a changé à la fin de cette année, ils ont pris conscience de la nécessité de cette aide".
... La directrice générale de l’information extérieure du Ministère de l’information palestinienne, Clemence Khouri, a estimé à environ 400 les cas de sida dans les territoires de l’autorité palestinienne, la Palestine se distinguant par le peu d’étendue de l’épidémie, même si l’occupation israélienne participe de manière directe ou indirecte à sa propagation. En effet, on distingie un certain nombre d’éléments, liés à l’occupation :"la poursuite de l’occupation, l’obligation faite aux jeunes de travailler sur le marché israélien, l’impossibilité dans laquelle ils sont de se marier vu les coûts et leur niveau de vie très bas, de même que les possibilités de transmission lors des très fréquentes transfusions de sang aux bléssés de l’Intifada". Ceci s’ajoutant à d’autres éléments non liés à l’occupation, les us et coutumes qui empêchent d’aborder le phénomène franchement, de même que la rareté des programmes d’éducation à la santé ainsi que la fréquence des contacts entre Palestiniens aisés et sociétés occidentales.
Par ailleurs, les statistiques de l’UNRWA (Organisme des Nations-Unies en charge des réfugiés palestiniens) au Liban indiquent l’enregistrement de 22 cas de sida parmi lesquels quatre femmes dans les rangs des réfugiés palestiniens depuis 1989. Douze d’entre eux seraient morts alors que six suivent un traitement avec le Ministère de la Santé, selon le Docteur Hassan Ayadi, directeur de la lutte contre les maladies à l’URWA.
A Tunis, on a enregistré 777 cas de 1975 à 2003. Khadija Saout, de la télévision tunisienne, indique qu’un certain nombre d’émissions ont abordé le problème du sida mais qu’il reste délicat de faire passer les informations, par exemple l’utilisation du préservatif masculin dans une société arabe musulmane où les traditions familiales règnent.
En Irak, on a relevé 257 cas dont un pourcentage de 77 % atteintes lors de transfusions de sang contaminé, en majorité des hémophiles, traités avec du sang issu de sang importé de France dont on a découvert ultérieurement qu’il était contaminé.
En Egypte, les personnes atteintes enregistrées en Egypte auprès des programmes de lutte contre le Sida atteignent environ 1400, selon le responsable du Ministère de la santé pour les problèmes de prévention et responsable du programme de lutte contre le Sida, le Docteur Nasr Al Saïd, qu indique toutefois que l’estimation de l’Organisation de la Santé atteint les 5000 cas.