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Émission du 28-29-30 septembre 2004 (n° 209) | Marta Maia | Portugal
Tour du monde des séropos : la situation des séropositifs au Portugal
29 septembre 2004 (survivreausida.net)
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Écouter: Tour du monde des séropos : la situation des séropositifs au Portugal (MP3, 2.1 Mo)
Peu d’informations et beaucoup de discrimination, peu de centres de dépistage et beaucoup de personnes sans aides sociales et sans moyens financiers pour faire face à la maladie, la situation des séropositifs n’est pas fameuse au Portugal, pays de l’UE le plus touché par le VIH !
Née à Montreuil, Maia Marta vit et travaille au Portugal. Lors de son passage à Paris, elle est venue à la rencontre du Comité des familles pour survivre au sida. C’est à cette occasion qu’elle nous a parlé de la vie quotidienne des séropos dans ce pays de la péninsule ibérique.
Au Portugal, le premier centre de dépistage anonyme et gratuit n’a été crée qu’en 1998. En 2002 on ne compte qu’une dizaine de centres et en 2003, une vingtaine, pour tout le pays (10 millions d’habitants). En outre, un tiers d’entre eux sont intégrés dans les centres de santé, ce qui ne facilite pas la démarche de dépistage. Ces centres ne pratiquent pas le dépistage gratuit du VHC. Une personne qui souhaite faire un test de dépistage du VHC doit consulter un médecin et donc payer deux tickets modérateurs, l’un pour la consultation et l’autre pour l’analyse sanguine, ou bien recourir au secteur privé et débourser quelques 60 € (c’est-à-dire, 17% du salaire minimum…) Nombre de personnes ayant vécu des situations à risque ne sont pas dépistées et les campagnes de prévention concernant l’hépatite C sont quasiment inexistantes.
Les réactions de peur panique, d’accusation et de culpabilisation des personnes contaminées par le VIH sont fréquentes au Portugal, où les personnes sont, en général, moins bien informées qu’en France. Au Portugal, le VIH et les hépatites B et C sont officiellement classés comme maladies contagieuses, plus précisément, « infecto-contagieuses », c’est-à-dire, infectieuses et contagieuses, ce qui entraîne plusieurs conséquences néfastes dont nous ne donnerons ici que quelques exemples. Du fait qu’elles sont considérées comme contagieuses, les personnes séropositives ne peuvent pas fréquenter les piscines et gymnases publics. Au niveau des représentations sociales, on observe une dramatisation de la maladie, des peurs irrationnelles très fréquentes, des connaissances lacunaires sur les moyens de transmissions, etc.
Ensuite, les situations de discrimination des séropositifs, dénoncées par l’association Abraço, sont monnaie courante. Par exemple, des chirurgiens qui refusent d’opérer des patients séropositifs, des dentistes qui refusent de soigner des patients séropositifs, des entreprises qui demandent, de façon illégale, des tests de dépistage et licencient les personnes séropositives, des banques qui exigent des tests de dépistage et ne font pas de prêts aux séropositifs, des maisons de retraite qui n’acceptent pas les personnes atteintes par le VIH...
La prise en charge des patients infectés par le VIH est insuffisante. Par exemple, même si les traitements antirétroviraux sont gratuits, les médicaments pour traiter certains des effets indésirables, eux, ne sont pas toujours pris en charge à 100%. L’accès aux soins est un vrai parcours du combattant. Les patients sont souvent obligés d’attendre des heures pour la consultation (qui risque de ne durer que 5 minutes…) et d’attendre des mois pour avoir un rendez-vous de médecine spécialisée. Par ailleurs, les associations d’aide aux personnes affectées par le VIH sont peu nombreuses, surtout dans les petites villes, et manquent de moyens financiers.
Se pose également le problème des aides sociales. Les personnes atteintes par le VIH-sida peuvent percevoir une pension d’invalidité, calculée en fonction des cotisations, mais son montant est très bas (inférieur au salaire minimum, qui est le plus misérable de l’Union Européenne : 356 €…) Ces personnes ont donc peu d’aides sociales et lorsqu’elles ne peuvent pas, ou plus, travailler, risquent de se retrouver dans le dénuement.
Enfin, les filières de soins sont socialement hiérarchisées. Les malades reçoivent des traitements différents en fonction de leur origine sociale, voire ethnique, et ne s’adressent pas aux mêmes services de santé. Ceux issus des classes moyennes et aisées peuvent se permettre d’avoir recours au privé, les autres, ceux qui n’ont pas les moyens financiers, doivent se contenter des centres de santé, voire des services d’urgence, et des hôpitaux qui manquent terriblement de moyens matériels et humains et où les services spécialisés sont très insuffisants.
En ces temps de "construction européenne", le Portugal devrait-il pas essayer de faire valoir au niveau de la Commission européenne les difficultés qu’il a à affronter le traitement et l’aide aux personnes atteintes par le VIH ? Ou bien n’est-il pas tout à fait conscient de ces difficultés, plus préoccupés à recevoir Bush, Blair et Aznar pour y prononcer la déclaration de guerre à l’Irak, envoyer des troupes en Irak et soutenir la politique de l’administration Bush (parce que, comme disait l’ancien premier ministre, aujourd’hui président du Parlement européen, José Manuel Barroso, entre les Etats-Unis et l’Irak, c’est évident que l’on soutient les Etats-Unis, qui sont nos alliés !) ? Écoeurant !
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Maia Marta : voyage en Egypte
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Tour du monde des séropos : la situation des séropositifs au Portugal
eh oui c’est écoeurant ! mais nous avons sans doute ce que nous méritons. L’Italie vient de réduire de 40% les fonds consacrés au sida pour cause de guerre en Irak... Vive l’Europe ?
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> Tour du monde des séropos : la situation des séropositifs au Portugal
C’est vrai, nous avons une Europe de plus en plus à droite, avec une croissance soutenue... du nombre de pauvres ! Au Portugal, il faut soit être en bonne santé, soit être riche (pour pouvoir se payer des soins) ! Mais ce sont justement les pauvres qui sont le plus "à risque de maladie", parce qu’ils ont souvent de mauvaises conditions de travail, voir pas de travail (très galère quand on était vacataire et qu’on n’a pas d’indémnités de chômage, comme il arrive à des centaines de milliers de personnes aux Portugal), mauvaises conditions de logements, mauvaise alimentation, etc. Entre le gouvernement italien et le portugais, permettez-moi une petite expression portugaise "venha o diabo e escolha" ! (laissons le choix au diable !)
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> Tour du monde des séropos : la situation des séropositifs au Portugal
