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Luttes de l’immigration et contre le racisme
Africa : une énergie collective
16 juillet 2004 (Le magazine du Conseil général 93)
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Aux 4 000 de La Courneuve, Africa œuvre depuis 17 ans contre l’exclusion. Aujourd’hui, l’association est menacée.
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Africa ? Chacun ici peut aisément vous indiquer le chemin. Et pour cause. Implantée au cœur de la cité des 4000 depuis 17 ans, l’association propose de nombreuses prestations de solidarité et de proximité. Des enfants (ils sont plus de 100, de la primaire à la terminale) viennent chaque jour dans les locaux pour y recevoir un accompagnement scolaire. Des femmes, et quelques hommes, y apprennent le français. Une médiation administrative permet de construire un dossier. Des stages de resocialisation sont proposés aux allocataires du Rmi. On informe sur ses droits, sur la santé. Et puis, il y a toutes ces activités culturelles, ces rencontres, les sorties pour les gosses pendant les vacances...
“Africa est née à la suite de trois meurtres racistes et sécuritaires†?, explique Aïssa Zekkour, coordinateur de l’association. “Notre objectif est de lutter contre toutes les discriminations racistes et sexistes.†? Composée essentiellement d’Algériens ou de Français d’origine algérienne dans ses débuts, l’association a évolué au regard des changements opérés dans le quartier. Aujourd’hui, elle est à l’image des 80 nationalités représentées ici. Mais elle reste à 90% féminine. “Dans les associations de quartier, les femmes sont toujours beaucoup plus partantes†?, renchérit Mimouna Hadjam, l’une des fondatrices d’Africa. Alors très vite, l’association travaille sur les droits des femmes, se bat contre les violences – conjugales ou non –, s’exprime sur le Code de la famille et prend position contre la montée du Fis en Algérie en 1988. “Nos locaux ont été saccagés, j’ai été agressée physiquement†?, se souvient Mimouna Hadjam. Aujourd’hui, beaucoup à Africa s’inquiètent “du retour à l’ordre moral, de cette religiosité dans les discours politiques†?. La femme tempête contre cette violence économique faite à des populations immigrées chaque jour plus pauvres. S’insurge contre ceux qui “ont mis les gens dans une pauvreté cultuelle†?. Alors ici, on agit. “La sortie à Paris avec les mômes, elle ne se fait pas sur les Champs, mais à Ménilmontant. J’ai envie de leur faire rencontrer des gens.†? Des gens comme Gisèle Halimi, qui a fait salle comble dans le café culturel de l’association.
Aujourd’hui, certaines activités de l’association sont remises en question suite à la décision de la sous-préfecture de supprimer sa subvention de 12 000 euros. “Les services préfectoraux ont critiqué la teneur de certains articles de notre revue. Nous nous exprimions pour la paix en Irak†?, explique Aïssa Zekkour. En juillet, l’association devait être reçue en préfecture. Mais sans attendre, elle a lancé une pétition qui a recueilli plus de 1 000 signatures. “Nous sommes la seule structure à offrir autant dans le quartier, et nous avons la ferme volonté de maintenir ces actions parce qu’elles sont utiles à la population.†?
Nadège Dubessay