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Point d’info n° 2
Les femmes en première ligne
30 juin 2004 (AFRICA)
Les femmes : les premières à exprimer leur solidarité à AFRICA
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NADIA, REZKIA, KOUMBA, MATY, ...
Les premières à avoir exprimer cette solidarité, mais également leur disponibilité, ainsi que leur engagement dans cette mobilisation, ceux sont les femmes, et cela peut se comprendre.
AFRICA, née juridiquement il y a 17 ans, (tout en existant depuis 21 ans) a été portée par des femmes, en lutte contre les discriminations racistes et sexistes.
22 ans d’histoire, dans une cité riche de luttes de ses habitants c’est une mémoire que personne ne pourra effacer ni surtout salir.
Les accusations portées contre l’association, les femmes les ont rejetés en étant à l’initiative de la mobilisation, en portant les explications au porte à porte à porte, à la sortie des écoles, sur les marchés.
NADIA, HABITANTE DU QUARTIER DE LA GARE, MILITANTE, PARENT D’ELEVE
J’ai connu AFRICA, il y a un an, j’y suis venue pour y faire un stage .Je suis nouvelle à La Courneuve et j’avoue que la première fois que je suis venue dans la cité des 4000, j’avais très peur, je cherchais la sécu, et ce sont 4 jeunes qui m’ont escorté. Je dis ça parce que l’univers des cités fait peur à première vue, car c’est peu sécurisant et puis la pauvreté de la sécurité ça rajoute.
J’avais des à priori que je n’ai plus, et les gens de la préfecture devraient eux aussi venir voir ce que fait AFRICA sur le terrain.
Une association c’est une grande richesse, oh pas d’argent, une richesse humaine et on a en grandement besoin dans la cité.
Quand je suis venue à AFRICA, c’était en pleine préparation du 8 Mars .Mon stage de secrétariat s’est parfaitement déroulé, j’ai aidé la secrétaire à faire l’accueil, à répondre au téléphone à la frappe ; personne ne m’a obligé à faire de la politique.
Le 12 mars au soir, c’est moi qui ai participé à la rencontre avec Gisèle HALIMI, personne ne m’y a obligé, et j’en étais très fière.
Il n’y a eu aucun embrigadement de qui que se soit. Ce que fait AFRICA pour la population me convient totalement, et ses prises de postions également.
C’est pourquoi dès la terrible annonce de la suppression des subventions j’ai réagi en signant la pétition, en la faisant signer. Autour de l’école Chaplin seuls les habitants de Debussy connaissaient AFRICA mais la solidarité fut sans faille : des animateurs, des enseignants, personnels RATP, AIR France, parents d’élèves, tout le monde tenait à signer pour une simple raison, il faut maintenir le tissu associatif dans le quartiers. Bien sur, j’ai expliqué ce qu’était AFRICA, les gens me connaissent, me font confiance, ils savent mes positions, pour la paix au Proche-Orient.
Ils ont signé en connaissance de cause, 63 personnes l’ont fait, soutenant une association qu’ils ne connaissaient pas tous, mais aussi l’idée de paix .
REZKIA :
J’habite la cité depuis 21 ans et je connais AFRICA depuis qu’elle existe.
J’y ai suivi de l’alphabétisation pendant de longues années, et mes 5 enfants, ont suivi et suivent encore l’accompagnement scolaire.
De plus, je bénéfice, comme une bonne partie de la population des services de l’écrivain public, à chaque fois que j’en ai besoin. Alors lorsque j’ai su qu’AFRICA était menacée dans ses activités je n’ai pas hésité.
En fait pour moi, ce n’est pas AFRICA qu’on veut étouffer, mais la population de la cité.
Nous n’avons qu’un seul lieu non seulement pour se rencontrer, y faire des activités, mais où nos enfants peuvent s’ouvrir sur le monde.
Cette décision est injuste c’est pour ça que j’ai fait signer des pétitions dans mon bâtiment au Maïl de Fontenay. J’ai d’abord distribué dans toutes les boîtes le tract, la veille. Je ne sais pas bien lire mais mon fils m’a accompagné toute la semaine. On est allé voir les gens pour leur proposer de discuter et nous avons eu 2 refus, 207 personnes ont signé et toutes nationalités c’est normal, tout le monde connaît AFRICA. AFRICA c’est nous.
KOUMBA, MATY
Koumba habite depuis 14 ans dans la cité et connaît AFRICA depuis son arrivée.
« J’ai eu des tas de problèmes familiaux et le réseau juridique de l’association m’a beaucoup aidé ; tous mes enfants y font leurs devoirs, même l’aîné qui est aujourd’hui papa, y est passé. AFRICA leur a permis d ‘avoir des activités culturelles, de partir en vacances et même à nous les femmes de sortir de notre isolement, en organisant des petites fêtes, des repas.
Je ne comprends pas très bien cette décision du préfet ; moi je ne fais pas de politique mais je suis contre la guerre, et je ne veux pas que les enfants aiment la guerre. Seule une association peut leur faire apprécier ce genre de valeurs, et surtout les amener à la réussite scolaire.
Alors oui j’ai signé la pétition et je l’ai faite signer à mes copines, à mes voisines, puis dans le
bâtiment, à Balzac ; avec Maty , on a fait Musset et Braque, tout le monde a signé , car tous les parents sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants ».
Maty pense que Koumba est une excellente femme relais dans le quartier : « j‘ai fait le quartier avec elle, tout le monde la connaît, on a recueilli plus de 200 signatures. C’est vrai que l’inquiétude numéro un chez tous les parents demeure l’accompagnement scolaire ; les gens se demandent avec angoisse qui va aider nos enfants ,que vont ils devenir ? ». On peut les comprendre car, sur ce plan, AFRICA est irréprochable. En effet, depuis 14 ans, 480 enfants sont passés par AFRICA à l ‘aide aux devoirs ; toute une génération. Moi, j’ai leur âge et je ne suis dans l’association que depuis 3 ans. Je suis agréablement surprise quand je vois venir à AFRICA Chainez qui est animatrice, Linda, étudiante en maîtrise de psycho, Nadera qui vient de terminer son Deug, Toufik qui a fait Math SUP et SPE, Houleye qui vient de finir son DUT de gestion, Fati qui passe son BTS de compta, et puis Boudjema, Kadijatou qui passe le BAC cette année. Tous ces succès, AFRICA y a un peu contribué.
Oui c’est normal cette inquiétude des gens pour leurs enfants, quant on voit le nombre d‘enfants qui étaient présents à la fête du quartier, on voit l’importance d ‘AFRICA dans la socialisation des enfants du quartier, les parents font confiance à AFRICA, et eux aussi étaient présent .D’ailleurs Koumba a fait cuire 10 kilos de riz à elle toute seule chez elle, et puis Founé en a fait cuire autant. De nombreuses femmes ont participé, en faisant des gâteaux, ramenant des boissons, nous avons servi 270 repas, grâce a l ‘aide des gens du quartier.