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Visibilités : la visibilité des immigrés n’est plus ce qu’elle était
14 février 2004 (survivreausida.net)
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La visibilité des immigrés n’est plus ce qu’elle était. La génération des parents était visible à l’entreprise et sur les lieux de travail. En ville, les travailleurs immigrés habitaient à l’écart, dans des hôtels sordides ou dans des foyers coincés entre un grand axe routier et une voie de chemin de fer.
Les familles étaient dans des bidonvilles et des cités de transit. La génération des enfants est plus visible dans des milliers de quartiers de banlieues ou à l’école jusqu’à l’âge de 16 ans, et dans les parties communes des immeubles, ou dans les espaces publics…
Après le collège, les enfants issus des milieux modestes (ouvrier et employés) dont les immigrés, sont soit dans la rue, soit dans des filières « professionnelles ». Est-ce une coïncidence ?
Sans diplômes, avec un CAP, un BEP ou bac professionnel, les chances de trouver un emploi sont quasi-nulles. Les grandes entreprises sont en train de débaucher depuis plus de vingt ans. Restent les agences d’intérim, les contrats précaires, les « missions » de courte durée…
Avec un bac pro, on a quelques chances de trouver un emploi de courte durée dans l’industrie automobile, à Aulnay-sous-Bois ou à Poissy.
À l’aéroport de Roissy, depuis le 11 septembre 2001, un jeune de banlieue pourrait trouver un emploi de manutentionnaire, technicien de surface (balayeur) ou d’agent de sécurité, mais c’est la police qui ne délivre plus de badges, obligatoires pour accéder à la plate-forme de l’aéroport, lorsque le candidat s’appelle Mohamed ou Mehdi.
Les femmes « bénéficient » d’une discrimination particulière. Elles peuvent parfois trouver un emploi de femme de ménage – 2 heures avant l’ouverture des bureaux en banlieue – et 2 heures après la fermeture en banlieue ouest, pour un salaire inférieur au RMI.
Avec un BEP ou un bac pro, les filles peuvent être caissières ou « auxiliaires de vie », avec un salaire équivalent au RMI. Les garçons restent chez les parents, occupent l’espace public, deviennent trop présents, trop visibles, dans un espace réduit dépourvu de loisirs et de culture…
La dégradation du « marché du travail » a fragilisé la situation des parents qui étaient intégrés dans l’entreprise, avaient des repères et une appartenance de classe qu’ils revendiquaient. Les enfants des immigrés ont grandi en pleine crise, ont peu de contact avec le monde du travail, avec les concentrations ouvrières où le syndicalisme était un facteur d’intégration sociale.
La présence permanente des jeunes garçons dans le quartier entraîne du chahut, des actes d’incivilité… Cela agace une bonne partie de la population, qui a déjà d’autres problèmes à résoudre. Ceux qui ont les moyens ou qui peuvent avoir un crédit, déménagent ou achètent un logement loin de ces quartiers, les autres restent. Ainsi, ne demeurent dans le quartier que les plus pauvres, les plus démunis. Cela ressemble à un ghetto. Pour montrer qu’il est toujours là, l’État se manifeste à travers ses seuls représentants qui restent dans le quartier : les policiers. Cela rassure les personnes qui croient toujours que le ministère de l’intérieur est capable de résoudre des problèmes engendrés par des choix économiques et sociaux. H
Tahar MOEZ
Forum de discussion: 2 Messages de forum
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Visibilités : la visibilité des immigrés n’est plus ce qu’elle était
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Visibilités : la visibilité des immigrés n’est plus ce qu’elle était
ce discours n’est pas objectif.
de quelle période parlez-vous ? Est-ce la période années 60 ? Si c’est le cas, on allait à l’école jusqu’à 14 ans...
pour ce qui est des "sous-emplois" ils n’étaient et ne sont pas, encore aujourd’hui réservés qu’aux seuls immigrés.
En ce qui concerne la présence des jeunes dans les cages d’escaliers, cela a toujours existé, sauf qu’avant il y avait plus de respect et moins de drogue.