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Ukraine
A Odessa, le VIH reste un fléau incompris pour une partie de la population
18 novembre 2003 (AFP)
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par Sylvie BRIAND
ODESSA (Ukraine), 12 novembre 2003 (AFP) - La petite Anna, 7 ans, ne sait pas qu’elle est séropositive. Sa mère, qui lui a transmis le VIH, est décédée. Et les pédiatres ukrainiens à Odessa peinent à faire comprendre à sa grand-mère qu’elle a besoin de soins, et à convaincre une école de la prendre comme élève.
Maria, une grand-mère âgée d’une cinquantaine d’années, ne comprend pas les méthodes des médecins, les soupçonnant de vouloir "empoisonner" sa petite-fille comme ils ont empoisonné sa fille qui "souffrait de toxicomanie".
"Ils devraient plutôt donner des vitamines à la petite qui n’est pas malade", dit-elle en tenant par la main Anna, fillette blonde aux yeux rieurs, dans les couloirs du Centre régional pour le sida à Odessa, ville portuaire de 1,2 million d’habitants, particulièrement touchée par le VIH.
La pédiatre Natalia Moousseïeva explique qu’"il est parfois difficile de faire comprendre la situation aux gens, surtout aux grands-mamans. Ils ne veulent pas croire que l’enfant est malade parce qu’il a l’air en bonne santé, que rien n’est changé dans son apparence physique", dit-elle.
Et pour compliquer la situation, des médecins de Litchevsk, en banlieue d’Odessa, ont recommandé à la direction d’une école de ne pas prendre Anna comme élève en raison des risques d’infection des autres enfants. La direction de l’école n’était pas joignable pour commenter cette affaire.
"Ce sont des cas très rares. Je n’en connais qu’un autre qui s’est aussi produit à Litchevsk, concernant un petit garçon séropositif qui a finalement pu être admis à l’école", relève Mme Moousseïeva dans son cabinet exigu.
Anna, infectée à la naissance par sa mère, ne saura que vers l’âge de 13 ans, à la puberté, qu’elle est séropositive. "Avant l’adolescence, les enfants sont trop petits pour comprendre. Ils pourraient le raconter à leurs copains qui pourraient à leur tour le dire à leurs parents et ça ferait boule de neige", dit-elle.
Attendant dans un couloir sombre d’être reçue par son médecin, une jeune femme séropositive de 19 ans, enceinte depuis sept mois, affirme ne s’être confiée qu’à sa mère. "Mes amies ne comprendraient pas, elles me jugeraient", dit cette étudiante en économie.
Grâce au traitement — gratuit — qu’elle suit au centre, son enfant a 97% de chances de naître en bonne santé. Son histoire ressemble à celle de bien d’autres jeunes patientes : "J’ai été infectée par mon mari, un ancien toxicomane qui ne savait pas qu’il était séropositif".
"J’ai appris que j’étais séropositive après un examen gynécologique. Je suis mariée depuis un an et je n’ai jamais eu de relations intimes avec un autre homme".
A l’instar des autres cliniques ukrainiennes, le Centre de santé pour le sida, installé dans un quartier industriel délabré, manque de moyens alors que "le financement de l’Etat couvre seulement 2 à 3% de nos besoins", selon le directeur du centre, Stanislav Servetski, qui compte sur le soutien de certaines fondations et d’organisations non gouvernementales comme Médecins sans Frontière (MSF).
"L’épidémie est loin d’être enrayée. Officiellement, la région d’Odessa, la plus touchée avec Kiev, compte 18.000 séropositifs, un chiffre qui ne cesse de croître et que l’on peut multiplier par dix pour avoir une idée de la réalité", estime M. Servetski.
Quelque 70.000 personnes sont officiellement séropositives en Ukraine, mais elles sont 500.000, selon des experts qui estiment que ce chiffre pourrait atteindre 1,5 million vers 2010.
La Banque mondiale estime que la progression du sida en Ukraine et en Russie est la plus rapide au monde.
Forum de discussion: 1 Message
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> A Odessa, le VIH reste un fléau incompris pour une partie de la population
En Russie, comme en Chine au moment de l’épidémie de SRAS, les autorités ont renseigné la population très tard, d’ou une ignorance flagrante des gens de la maladie et de ses risques !Pauvre gosse, à qui on refuse un traitement antiviral dans le seul but de la protéger !Mais comment faire comprendre à des personnes âgées qu’une gamine ait besoin d’un traitement aussi lourd !
L’ignorance est la pire des choses !
Phalaenopsys.