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Emission du 28 mars 1998
28 mars 1998 (survivreausida.net)
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Chronique juridique : le droit au logement
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Malheur aux pauvres, ou l’histoire d’un impossible vaccin
Emission du 28 mars 1998
Chronique juridique : le droit au logement (par Mounir Chikhaoui) (durée : 3:20)
« Je suis malade, à la rue, et sans papiers. J’ai droit à un logement, ou pas ?! » Le juriste Mounir Chikhaoui répond clairement : les textes de loi sont basés sur l’exclusion, la mise à l’écart des sans-papiers, des sans-travail, des sans-logis. Alors comment faire ? Chikhaoui cite quelques exceptions aux règles en vigueur, maigres vestiges d’une époque mythique où l’ont pouvait encore croire à l’existence du droit de se soigner, de se loger — sans distinction de race ou de nationalité...
Si vous souhaitez en savoir plus sur le droit au logement, ou si vous avez d’autres questions à proposer pour notre chronique juridique, contactez Migrants contre le sida au 08 70 25 12 50.
Malheur aux pauvres, ou l’histoire d’un impossible vaccin (coup de gueule de Nabil Azouz) (durée : 4:38)
« Malheur aux pauvres ! » est le titre de ce coup de gueule de Nabil Azouz, militant immigré du sida. Azouz dénonce les cafouillages des scientifiques et des politiques qui, nous dit-il, ramènent l’urgence de trouver un vaccin contre le VIH (ainsi qu’un remède curatif !) uniquement pour « se faire une bonne conscience »...
Il est une question grave liée au sida qui revient comme un leitmotiv pour vite s’évaporer comme un non sens, à savoir la création d’un vaccin contre le sida.
Les dernières déclarations qu’on a pu lire concernant cette douloureuse question sont le fait d’une ancienne ministre de la santé, Madame Michèle Barzach pour ne pas la nommer, qui dans Libération de décembre 1997, réclamait avec force à la communauté scientifique internationale l’établissement d’un vaccin valable pour l’humanité entière.
L’autre déclaration vite oubliée, est celle de Peter Piot, directeur d’ONUSIDA, qui lui aussi a fait part de son intérêt pour cette possible avancée thérapeutique. Rappelons au passage que récemment il a été révélé que Peter Piot a "travaillé" dans les années 70 au Zaïre, pour le compte des armées américaine et sud-africaine (Rosalind & Richard Chirimuuta : Africa,Aids and Racism. Londres, Free Association Books, 1989).
Après ce court rappel historique, l’impression qui se dégage de ces diverses déclarations qui n’ont suscité ni polémique, ni intérêt public notable, c’est qu’elles ont été dites uniquement pour se donner bonne conscience. Et les questions qu’on est en droit de se poser sont les suivantes :
Pourquoi l’ancienne ministre sort-elle maintenant de sa réserve alors qu’à l’époque où elle était au pouvoir et de fait, une personnalité qui compte dans les instances scientifiques internationales, n’a-t-elle pas défendu avec détermination cette idée ? Son argumentation nous laisse davantage plus perplexes lorsqu’elle déclare avec non sans naïve honnêteté, que les malades des pays sous-développés sont incapables de suivre avec rigueur l’imposante trithérapie, d’autant plus qu’elle est très coûteuse et inaccessible à leur menue bourse. Malheur aux pauvres !!!. A croire que les pays du sud sont assignés à résidence éternelle pour sous développement notoire !.
Il fallait peut être davantage aider ces pays pourtant riches à accéder à la démocratie et donc à une justice plus équitable, qu’à armer leurs dictateurs nababs et leurs exploiteurs sans scrupules.
Qui a dit que la question du sida ne relevait pas des complexités des rapports Nord-Sud ?
Pourquoi la personnalité éminente d’ONUSIDA évoque-t-elle la piste du vaccin au détour d’une question posée par un journaliste ? Il est claire que cette épineuse affaire n’est pas une priorité absolue pour cette "nomenklatura" scientifique, rivée davantage sur les cours de la Bourse que sur les rues de Bangkok, Bahia ou Bujumbura. Et comme nous l’avons déjà remarqué, ces déclarations leurs servent uniquement à se donner bonne conscience.
Il nous faut dire aussi, qu’ONUSIDA, qui soutenait ou plutôt qui servait de faire valoir aux multinationales à l’affût de tout profit pour une éventuelle commercialisation de ce vaccin, a été vivement critiquée par certains chercheurs africains et surtout par le scientifique Zimbabwéen Davis Gazi qui, révélant l’hypocrisie des occidentaux a déclaré : « Ce soi-disant vaccin est déjà utilisé au Zaïre alors que les médecins européens et américains refusent de s’en servir sur leurs concitoyens » (African Times,10 avril 97).
Mais l’article le plus effarant que nous avons pu lire récemment et qui, encore une fois est passé totalement inaperçu, c’est celui du journaliste Alain Valentini paru dans le Monde Diplomatique du mois de mars sous le titre : "Sida, l’épineuse recherche d’un vaccin". Son article se lit comme un véritable thriller. Et il nous révèle que le professeur Jean-Claude Chermann a véritablement crée un vaccin contre le sida. Mais ce codécouvreur du virus du sida tombé dans les oubliettes et dépassé médiatiquement par les professeurs Gallo et Montagnier, est aujourd’hui réduit au rôle de simple rétrovirologue dans son laboratoire de l’Inserm de Marseille.
Une véritable chape de silence doublée d’une cabale médiatique, s’est abattue sur ce professeur depuis ce 27 octobre 1992 où il annonce clairement à l’Assemblée Nationale en tant que député suppléant de Bernard Tapie devenu ministre : « Je profite de cette tribune pour demander devant les responsables de la nation la création d’une force d’attaque pour la réalisation d’un vaccin. J’affirme que, malgré les difficultés, celui-ci est possible, qu’il ne s’agit que d’un problème de moyens financiers et de personnels... il faut réaliser un vaccin universel et non géographique ».
En guise d’enthousiasme et de solidarité, le professeur Chermann n’a rencontré qu’incompréhension et critiques acerbes. Toutes ses demandes de financement ont été depuis bloquées et le pire, il a aussi été décrié comme "un passionné et un impulsif" pour ne pas dire, comme un fou. Même le professeur Jean-Paul Lévy directeur de la très officielle ANRS (Agence Nationale de Recherche sur la Santé, pourtant censée être à la pointe et à l’affût de toute avancée thérapeutique, minime soit-elle), a déclaré à propos de son ancien collègue de recherche : « Il y aura toujours des chercheurs qui déraperont à un moment de leur vie pour des raisons psychologiques, voire pathologiques » (Le Monde du 24 juin 1994).
Et si Jean-Claude Chermann avait raison à propos du vaccin universel ?
Ses détracteurs dont tout dépend, seront tout simplement responsables à nos yeux d’un véritable "Génocide froid". Mais pour rester polis nous dirons qu’ils se rendent simplement coupables de "non assistance à personnes en danger".
Nabil AZOUZ
Secrétaire Général
Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives