Accueil du site > L’émission de radio > L’émission de radio (1997-2002) > 1998 >
Emission du 21 février 1998
21 février 1998 (survivreausida.net)
1 pièce jointe | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Interview de 14 minutes (format RealAudio)
Militant syndicaliste et travailleur hospitalier, Sélim Hadjab connaît trop bien le parcours à obstacle mis en place pour empêcher les précaires, les sans-papiers, les chômeurs de se faire soigner décemment. Pour Migrants contre le sida, Hadjab raconte l’occupation, mercredi dernier, de la direction de l’hôpital, critique la privatisation et le rationnement que tente d’imposer le plan Juppé (repris par Jospin), et parle à bâtons rompus des multiples revendications qui devront aboutir pour que l’hôpital soigne « tout le monde »...
Communiqué
Le 18 février 1998 : la direction de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière occupée.
A midi, une centaine de personnes, salariés, chômeurs et sans-papiers ont, avec le personnel de l’hôpital, envahi le bâtiment de la direction du groupe hospitalier La Pitié-Salpêtrière. Cette action était organisée parla CGT Pitié-Salpêtrière, 13ACTIF, AC !, le Comité Chômeurs CGT et la Coordination nationale des sans-papiers.
L’objectif était de dénoncer les refus de soins et d’hospitalisation opposés à certaines personnes en raison de leur situation : les étrangers parce qu’ils n’ont pas de papiers, les chômeurs et les précaires parce qu’ils "ne sont pas solvables". Les manifestants ont exigé de rencontrer le directeur de l’hôpital, M. Yves PEDOUSSAUT dans une salle de réunion ouverte, afin de lui exposer leurs revendications et d’obtenir des réponses de sa part.
Lors de cette discussion qui a duré plus de deux heures, des sans papiers et des chômeurs ont apporté des témoignages qui vont tous dans le même sens : l’extrême difficulté, voire l’impossibilité de se faire soigner en raison de leur situation administrative ou financière. Les manifestants ont rappelé au directeur le principe du libre accès aux mêmes soins pour tous, qui veut que l’on soigne d’abord et immédiatement, et qu’ensuite on se préoccupe de la situation administrative de la personne.
Après avoir nié que de tels problèmes existaient, car, en principe, ils ne doivent pas exister, le directeur s’en est remis à "la politique hospitalière qu’il ne fait qu’appliquer", reconnaissant par là la réalité des divers processus de discrimination et de tri dans l’accès aux soins et le type de soins délivrés.
Les manifestants ont exigé que le directeur s’engage par écrit sur la liberté d’accès aux soins et lui ont remis une motion expliquant leur position. Munis du communiqué de M. PEDOUSSAUT, une partie des manifestants s’est rendue immédiatement dans divers services pour se faire soigner.
Signé : CGT Pitié Salpêtrière, 13ACTIF, AC !, Comité Chômeurs CGT, Coordination nationale des sans-papiers.
