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Les Kabyles n’ont même pas le droit d’être solidaire avec les sinistres d’Alger !?
24 novembre 2001 (amazighonline.com)
PARIS, 24 novembre 2001 (amazighonline.com)
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Les délégués de la CADC, Coordination des aârouch, daïras et communes de Tizi Ouzou ontété empêchés jeudi dernier de distribuer directement les dons collectés en Kabylie aux familles sinistrées au niveau des deux centres d’accueil de Bouzaréah. Le convoi de solidarité, composé de 2 camions, 2 fourguons et 5 véhicules légers, a été « intercepté » au niveau de la salle omnisports de Bouzaréah où les délégués de la CADC ont pu distribuer un peu moins de la moitié des dons en toutes natures (vivres, effets vestimentaires, couvertures). Ainsi, quelque 100 familles sinistrées ont pu bénéficier des dons de la Kabylie. Le reste du « ravitaillement » n’a pas été distribué puisque les forces de l’ordre ont empêché l’opération de se poursuivre. Selon un des membres de la CADC présent sur les lieux à Alger, la police a voulu orienter et acheminer les dons vers les Pins Maritimes et Bab El Oued. Pour justifier leur action, les policiers ont expliqué aux délégués des aârouch que les sinistrés sont « bien pris en charge ». Or, sur place, « nous avons constaté tout le contraire », déclare un délégué. Et à notre interlocuteur de poursuivre : « C’est un secret de Polichinelle de vous dire que les familles sinistrées vivent dans des conditions inhumaines. » Pourquoi veut-on nous empêcher de distribuer nous-mêmes les dons pour éviter justement d’éventuels détournements. Y a-t-il quelque chose à cacher ? », s’interroge un délégué membre de la présidence tournante de la CADC. La proposition faite par la police d’acheminer les dons vers les Pins maritimes et Bab El Oued a essuyé un niet catégorique de la part des délégués du mouvement citoyen. Pourquoi ? « Parce que le risque de voir les dons détournés est grand et nous ne voulons pas que les dons collectés en Kabylie n’arrivent pas à qui de droit », rétorque-t-on à la permanence de la CADC, sise au théâtre Kateb-Yacine de Tizi Ouzou. Les représentants du mouvement citoyen, qui sont revenus avec une partie des dons non distribués, n’arrivent pas à s’expliquer cette volonté du pouvoir à bureaucratiser la solidarité citoyenne. « Après avoir interdit à plusieurs reprises au mouvement citoyen de marcher pacifiquement à Alger, le pouvoir est allé encore plus loin dans sa logique antidémocratique en empêchant cette fois-ci la solidarité citoyenne de s’exprimer », fulmine un délégué. Pour lui, ce n’est que partie remise,« nous allons exprimer et concrétiser notre solidarité agissante avec nos frères d’Alger de diverses façons et quel qu’en soit le prix à payer », explique-t-il, avant de lâcher : « Nous allons y retourner pour aider les familles sinistrées. » Et pour cause, l’opération de collecte de dons se poursuit toujours aux quatre coins de la Kabylie. Par ailleurs, les quelque 50 volontaires mobilisés par la CADC pour prêter main-forte aux secouristes n’ont pas pu rallier Bab El Oued.