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Croix-Rouge : de plus en plus d’appels pour motifs psychiatriques
15 novembre 2001 (Quotidien du Médecin)
PARIS, 15 novembre 2001 (Quotidien du Médecin)
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« Mon amie est séropositive. Elle a toujours voulu que nos rapports soient protégés. Elle vient de me l’annoncer. Je suis très angoissé. Dois-je la quitter ? En ai-je le droit ? Je me sens lâche, car je l’aime, bien sûr. » David a 30 ans. Il est l’une des 20 000 personnes qui ont appelé le service d’écoute de la Croix-Rouge en 2000. Les appels d’hommes représentent 34 %, ceux des femmes 37 %, ceux des mineurs 8 % (restent 21 % d’appels muets ou brefs).
Les appels pour motifs psychiatriques sont les plus nombreux et augmentent entre 1999 et 2000, passant de 13,7 % des appels à 16,8 %, avec une pointe en juillet 2000 (20 %). Selon la Croix-Rouge, « les appels répétitifs de personnes soignées pour dépression ou diverses manifestations psychiatriques sont en augmentation ». « Cette évolution reflète une réalité sociale de notre environnement (chômage, précarité, exclusion), note la Croix-Rouge. L’intensification de ce type d’appels est également liée à l’évolution du système hospitalier psychiatrique en France. De plus en plus de personnes, autrefois hospitalisées, sont aujourd’hui soignées en ambulatoire, en hôpital de jour ou en appartements thérapeutiques. Bien que suivies par des psychiatres ou psychothérapeutes, elles soulignent l’insuffisance, la discontinuité ou l’espacement de cette prise en charge. »
Environ 50 % des victimes se remettent spontanément d’un traumatisme psychique, 40 % doivent bénéficier de soutien et de réconfort, et seulement 10 % ont besoin de soins psychiatriques, indique la Croix-Rouge. Une écoute de la personne souffrante par un volontaire Croix-Rouge permet de créer ce maillon indispensable.
Par ailleurs, la sexualité est surtout évoquée par les femmes et représente presque 12 % des appels en 2000. Quant à la santé, elle motive quand même presque 8 % des appels en 2000, comme en 1999.
D’une année sur l’autre, les appels touchant à la dépression restent stables, note l’organisation humanitaire, relevant néanmoins « une nouvelle catégorie d’appelants dans ce domaine : des enseignants déprimés par le contexte de violence dans les lycées et les collèges ». Le SIDA est très peu évoqué (0,39 % des appels).
La téléphonie sociale branchée sur la santé
Les services téléphoniques d’écoute, de soutien ou d’information font partie, désormais, du monde institutionnel au même titre que le « 12 » ou le « 15 ». Et les appelants qui les utilisent le font principalement pour des raisons de santé.
Selon une enquête du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), quelque 2,5 millions de Français, soit 6 % des 12 ans et plus ont eu recours au moins une fois à la téléphonie sociale. Il s’agit aussi bien, précise le CREDOC, « de mineurs que de personnes âgées vivant seule ou en famille, en zone rurale ou en ville, de cadres ou d’ouvriers que de chômeurs ». Il est vrai que les numéros les plus connus ont pour noms Enfance maltraitée (73 %), SIDA Info Service (67 %), Drogue-Tabac Info Service (50 %), Maltraitance Personnes âgées (37 %), Ecoute Cancer (25 %), Ecoute Handicap Moteur (14 %), Hépatite Info Service (13 %), ou encore Fil Santé Jeunes (11 %). Les principales épreuves qui peuvent conduire à s’en remettre à un écoutant spécialisé sont « une maladie grave ou un handicap » (31 % quand cela concerne l’entourage et 8 % l’appelant lui-même), « la déprime » (25 % et 19 %), ainsi que « les problèmes de drogue, d’alcoolisme ou de tabagisme » (21 % et 6 %). Sur ce thème « téléphonie de la santé et du social, solidaire et d’intérêt public », quinze associations, représentant 15,8 millions d’appels reçus en 2000, organisent un colloque à l’UNESCO*, aujourd’hui et demain.