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MSF appelle l’Afrique à ne pas se faire berner par les grands groupes
30 novembre 2000 (AFP)
NAIROBI, 30 novembre 2000 (AFP)
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Médecins sans Frontières (MSF) a appelé jeudi les pays africains à examiner avec prudence les offres de baisses des prix de certains médicaments pour les malades du sida faites par des groupes pharmaceutiques, affirmant que d’autres voies pouvaient permettre d’obtenir des produits meilleurs marchés.
"Le gouvernement kenyan (ne devrait pas) se laisser berner par les offres de dons de médicaments ou de baisses des prix", a déclaré MSF dans un communiqué, à la veille de la Journée mondiale contre le sida.
"Toutes les options légales doivent être explorées pour obtenir des médicaments contre le sida et les lois nationales doivent être améliorées pour assurer un meilleur accès aux médicaments essentiels pour les plus pauvres", a ajouté MSF.
MSF a comparé le Brésil, où plus de 90.000 personnes utilisent des versions génériques d’anti-rétroviraux (ARV), aux pays africains où des sociétés pharmaceutiques détenant les patentes de ces produits ont engagé des négociations sur une baisse des prix.
Selon MSF, les anti-rétroviraux devraient être disponibles dans les pays pauvres à 5 % de leur prix dans le monde occidental.
Ces produits permettent d’améliorer le système immunitaire des porteurs du virus du VIH et des malades du SIDA, de lutter contre certaines maladies opportunistes et de limiter la transmission du virus de la mère à l’enfant.
Concernant les négociations en cours au Kenya, MSF souligne que "peu de progrès ont été faits. Des gens continuent de mourir chaque jour du sida au Kenya et dans le reste de l’Afrique parce que des traitements ARV ne sont pas disponible. Le prix des médicaments est un obstacle essentiel", ajoute MSF.
Selon MSF, une combinaison de trois médicaments utilisés pour soigner les porteurs du VIH aux Etats-Unis coûte entre 10.000 et 15.000 dollars par an, alors que le même traitement avec des produits génériques fabriqués en Inde coûte entre 800 et 1.000 dollars.
La société allemande Boehringer Ingelheim a annoncé dans un communiqué transmis à l’AFP à Nairobi avoir remis gratuitement à la République du Congo (Brazaville) une cargaison de nevirapine, un produit permettant de limiter la transmission du VIH de la mère à l’enfant.
Le Sénégal doit également recevoir ce produit vendredi, a précisé la société.
Selon MSF, la production locale de médicaments génériques ou leur importation pourrait permettre aux pays africains de mettre sur le marché des traitements moins chers que ceux proposés par les grands groupes pharmaceutiques, même après d’importantes réductions de prix.