Accueil du site > Revue de presse > Revue de presse (1995-2002) > 2000 > 06 >
Des chefs de services hospitaliers inquiets de la "dégradation des soins"
7 juin 2000 (AFP)
PARIS, 7 juin 2000 (AFP)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
L’association médicale de défense de la déontologie et des droits des malades (AMDDDM) a tenu mercredi, lors d’une conférence de presse, à faire connaître "la dégradation dramatique de la qualité des soins dans les hôpitaux."
"Aujourd’hui, nous n’avons plus les moyens matériels et humains pour soigner correctement nos patients. Les restructurations des hôpitaux se font souvent en dépit du bons sens et les crédits qui nous sont accordés sont en constante baisse", a déclaré François Guérin, président de l’AMDDDM.
Pour mettre fin à "ces amputations budgétaires", "au manque de personnel médical et paramédical" et à "l’insuffisance de lits due à la fermeture abusive de nombreux services", l’AMDDDM a adressé le 12 avril une lettre ouverte, signée par 150 médecins hospitaliers, au Président de la République et au Premier ministre.
Dans cette lettre, ils expliquent à M. Chirac et M. Jospin "qu’il n’est plus possible de laisser perdurer l’insuffisance de moyens constatée dans les hôpitaux, sans mettre nos malades en danger et sans leur enlever des chances de guérison."
"Aujourd’hui, les patients doivent attendre trois mois pour passer une IRM (imagerie à résonance magnétique) et souvent 15 jours pour une échographie", a expliqué à la presse le professeur Levesque, chef de service de l’hôpital Louis Mourier.
Le professeur Chabernaud de l’hôpital Antoine Béclère à Clamart a attiré l’attention sur "le manque d’obstétriciens, de pédiatres et d’anesthésistes dans tous les hôpitaux".
Nicole Delépine, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny, a expliqué que "certaines pauses de prothèses sont reportées faute de crédits à compter du mois de septembre" et combien il est difficile "de refuser un traitement médicamenteux indispensable à un malade, faute de moyens".