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Crimes racistes et sécuritaires | Pascal Taïs
Mort au commissariat : un père contre le non-lieu
26 mai 2000 (Libération)
PARIS, 26 mai 2000 (Libération)
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Pascal Taïs est mort en 1993. Un témoignage pourrait permettre de rouvrir l’enquête.
Par SOPHIE NOMI
Père obstiné, Mohammed Taïs se bat depuis sept ans pour connaître la vérité sur la mort de son fils, Pascal, décédé le 7 avril 1993 dans une cellule de dégrisement du commissariat d’Arcachon. Pour lui, il s’agit d’une " bavure " un passage à tabac qui a mal fini. La famille a porté plainte pour " non-assistance à personne en danger, coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ". Mais la justice n’a toujours pas éclairci les circonstances du décès. Aujourd’hui, Mohammed Taïs reprend espoir avec un témoignage inattendu, un appel anonyme qui aurait livré, début mai, le nom de l’auteur des violences mortelles. " Tout correspond ", assurait-il, hier, au palais de justice de Bordeaux.
Sur la foi de cet " élément nouveau ", la famille a donc demandé un autre complément d’enquête, alors que le dossier allait être refermé pour toujours par une confirmation de non-lieu. La chambre d’accusation de la cour d’appel doit statuer dans les prochaines semaines. " On n’est pas contre les flics, mais on est contre les ripoux ", répète Taïs. L’affaire de sa vie, il l’a résumée dans un mémoire intitulé : Au nom de mon fils mort sous les coups de la barbarie policière, qu’il transporte dans sa vieille sacoche.
Pascal Tais, 32 ans, ancien toxicomane en phase terminale du sida, avait été interpellé près du casino d’Arcachon avec son amie, Véronique. Des policiers les avaient conduits à l’hôpital pour un examen de routine, puis au commissariat, en cellule de dégrisement. "Mon fils est entré vivant, il en est ressorti mort ", martèle Suzette Taïs, qui n’en peut plus de ressasser les détails " atroces " de la nuit du 7avril 1993. Les rapports médicaux recensent des hématomes multiples, un éclatement de la rate, une perforation du poumon, deux fractures des côtes. Il a fallu une interminable bataille d’experts pour que la justice finisse par admettre que les coups mortels ont bien été reçus au commissariat d’Arcachon. Mais, le28 juin 1996, le juge d’instruction a prononcé un non-lieu.
Dans ses conclusions, le magistrat reconnaît que l’enquête n’a pas permis de savoir ce qui s’est passé ", mais affirme que rien ne peut être reproché aux policiers. Pourtant, le juge retient que " I’hypothèse la plus vraisemblable, bien qu’elle ne soit pas étayée de manière certaine ", est celle d’une " chute brutale sur un angle vif de la banquette en ciment " de la cellule. La famille Taïs ne veut pas croire que Pascal, même ivre, même fou de rage, ait pu se blesser seul. Le premier supplément d’information, obtenu en 1997, démontre que la banquette est dotée d’angles arrondis et que la configuration de la cellule exclut une chute accidentelle mortelle... Mais élude toute responsabilité de la police.
Le combat judiciaire virulent du père Taïs lui a coûté son poste de traducteur assermenté auprès du tribunal de Pau. Les deux policiers de permanence le soir du 7 avril sont, eux, toujours en poste à Arcachon.
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Mort au commissariat : un père contre le non-lieu
c’est insensé et c’est dégueulasse. Le commissariat d’Arcachon n’en est pas à sa première bavure. Ma fille a eu affaire à eux au sujet d’un chéquier qui lui a été volè. Avisée que ce chéquier avait été retrouvé par le commissariat d’Arcachon, elle n’a jamais pu le récupérer, le policier qui devait lui rendre étant chaque fois absent quand elle se présentait. Par la suite, des chèques ont continué à être débités sans qu’on ne sache par qui pendant plusieurs mois. Elle avait fait opposition mais était convoquée chaque fois. L’affaire présentée ici est bien plus grave puisqu’il y a mort d’homme. Acte volontaire ou pas, les policiers auraient dû être sanctionnés et mutés. Manifestement ils sont soutenus par un pouvoir arbitraire. Bon courage pour le père. Il faut continuer à lutter contre ces abus policier et cette dictature.