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Appel METIS : Mouvement des soignants pour l’Egalité Thérapeutique Internationale face au Sida
1er décembre 1999 (METIS)
PARIS, le 1er décembre 1999 (METIS)
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Accès général et immédiat aux traitements du SIDA dans le monde
Argumentaire de l’Appel METIS :
Au cours de l’infection par le virus du sida, l’efficacité des trithérapies (antirétroviraux) a été démontrée par de nombreuses études scientifiques réalisées depuis 5 ans dans les pays industrialisés. En améliorant la qualité et la durée de vie des patients, ces traitements ont redonné un formidable espoir dans les perspectives de résolution des souffrances physiques, psychologiques et des conséquences sociales de cette maladie. Le problème majeur posé par un traitement efficace est son coût : entre 30000 et 50000 FF par an et par patient. Si ce coût est supportable dans la plupart des pays riches où les assurances sociales existent, il est totalement hors de portée des pays en développement (PED), où les dépenses de santé ne dépassent pas le plus souvent 100 FF par an et par habitant (source Banque Mondiale 1998).
Or plus de 90% des personnes atteintes vivent dans des pays en développement. Cette épidémie se place maintenant au premier rang des problèmes de santé publique en Afrique, et en Asie. La réalité est bien là : moins de 10% des personnes vivant avec le VIH bénéficient d’un accès aux soins décent et d’un traitement médicamenteux efficace (source ONUSIDA 1999).
Une réflexion sur les modalités d’introduction de ces traitements dans les pays en développement, et notamment sur le continent africain (qui représente à lui seul près de 70 % des personnes atteintes par le VIH dans le monde, soit environ 25 millions d’hommes, de femmes et d’enfants), a été engagée sous l’égide du programme conjoint de l’ONU pour la lutte contre le sida : l’ONUSIDA.
Cette réflexion est d’autant plus importante qu’il existe :
- Une demande pressante et légitime des personnes atteintes (qui tentent de s’organiser sur le terrain, de se faire entendre dans leurs pays et à l’étranger),
- Une utilisation souvent anarchique des médicaments antirétroviraux lorsqu’ils sont disponibles (ce qui peut s’avérer dangereux et aboutir à moyen terme à leur inefficacité),
- Des difficultés économiques et sociales considérables dans ces pays en développement, dont les systèmes de santé souffrent de graves carences.
- Des conséquences sanitaires (réduction de l’espérance de vie de 10 à 15 ans dans certains pays) et économiques (baisse de la production agricole et industrielle) catastrophiques, qui mettent cette maladie au premier rang des freins au développement des pays pauvres (sources Banque Mondiale et PNUD 1998-99).
Cependant, les fonds mobilisés aujourd’hui dans la lutte contre le sida pour l’ensemble des pays en développement sont, au regard des besoins, tout à fait dérisoires, ne dépassant pas le tiers du prix d’un avion de chasse F117 "furtif" américain. Le budget disponible en Afrique dans ce domaine équivaut à celui du fonctionnement d’un hôpital français de moyenne importance (source ONUSIDA 1999).
Pour les personnes atteintes et leurs médecins dans les pays en développement, pour l’ensemble des professionnels de santé et des malades vivant dans les pays riches, les inégalités d’accès aux médicaments efficaces contre le sida sont inacceptables. Par notre travail auprès des personnes atteintes ici et là-bas, nous avons appris qu’une politique efficace de prévention de la transmission du virus du sida ne peut faire l’économie d’une prise en charge médico-sociale décente des personnes déjà infectées. La lutte efficace contre une épidémie mondiale telle que celle du sida ne saurait se cantonner à traiter moins de 10% des personnes atteintes sans prendre le risque considérable d’un échec planétaire.
C’est pourquoi, à l’occasion de la journée mondiale du sida du 1er décembre 1999, nous, professionnels de santé, chercheurs, personnes vivant avec le VIH, militants des associations et sympathisants de tous les pays concernés, signataires de l’Appel METIS, lançons un appel solennel et pressant pour un accès général et immédiat aux traitements du sida à tous les patients dans le monde, et particulièrement dans les pays en développement.
Il n’y a pas de "fatalité économique" selon laquelle seule une minorité de patients vivant dans des pays " riches " aurait accès à des traitements efficaces qui permettent une vie normale, tandis que ces médicaments demeureraient inaccessibles aux patients des pays pauvres
Nous pensons que l’accès général et immédiat aux traitements du sida pour tous constitue une condition indispensable à la résolution de cette épidémie et qu’il contribuera à l’amélioration globale des systèmes de santé dans les PED, à la prise en charge d’autres grands problèmes de santé publique tels que la tuberculose ou le paludisme, et plus globalement qu’il s’intègre dans la lutte contre le sous-développement.
Objectifs généraux de l’Appel METIS :
- Concrétiser le principe constitutionnel et fondamental du droit à la santé, à l’accès aux soins et aux médicaments essentiels dans chaque pays du monde, et obtenir l’inscription des médicaments antirétroviraux dans la liste des médicaments essentiels de l’Organisation Mondiale de la Santé,
- Susciter un véritable élan de solidarité nord-sud pour soutenir et renforcer les moyens nécessaires à une prise en charge décente des personnes atteintes,
- Constituer un groupe de pression susceptible, par tous les moyens disponibles :
- d’interpeller les dirigeants des pays touchés par ce fléau pour que la lutte contre le sida devienne la priorité des priorités, mobilisant toutes les ressources techniques et financières disponibles pour faire face à l’extrême urgence de la situation : formation des personnels de santé, réorganisation des filières de soins et d’approvisionnement en médicaments, soutien des organisations de personnes atteintes,
- d’interpeller les dirigeants des pays du G8 et de l’Union Européenne sur leur politique de coopération pour la lutte contre le sida dans les pays concernés, afin que des moyens techniques et financiers exceptionnels soient débloqués sans délai à cet effet,
- d’interpeller les agences de coopération multilatérale (OMS, Banque Mondiale, UNICEF, PNUD, FNUAP, BIT) et l’ONUSIDA pour obtenir le déblocage de moyens techniques et financiers adaptés à la gravité de l’épidémie et leur mise en [oe]uvre immédiate et intégrale sur le terrain, dans des programmes concertés et efficaces,
- d’interpeller les industriels pharmaceutiques pour réclamer une révision de leur politique de développement et de commercialisation des médicaments nécessaires à la prise en charge des personnes infectées par le VIH (modulations des prix, autorisation d’importations parallèles, abandon des licences de propriété sur les médicaments antirétroviraux pour les pays en développement, etc.).
- d’obtenir l’ouverture sans délai d’une négociation internationale, sous l’égide de l’Organisation Mondiale du Commerce, regroupant les pays du G8, les pays en développement concernés par l’épidémie, les compagnies pharmaceutiques fabriquant des médicaments antirétroviraux, les laboratoires fabriquant des médicaments génériques et les agences internationales spécialisées (OMS, ONUSIDA, etc.), visant à mettre immédiatement à disposition des pays concernés les médicaments nécessaires à la prise en charge des patients à des conditions financières compatibles avec leurs moyens économiques.
Moyens mis en [oe]uvre pour soutenir l’Appel METIS :
- Faire signer, dans chaque pays et par le plus grand nombre, l’Appel METIS pour réclamer des mesures d’urgence de la part du G8, des agences de l’ONU et des industriels pharmaceutiques,
- Soutenir les initiatives émanant des personnes atteintes vivant dans les pays riches (collectes des médicaments inutilisés, collectes de fond),
- Développer un mouvement de collecte des 29, 30 et 31ème jours de traitement (sur chaque ordonnance d’antirétroviraux prescrite) et de prescriptions dupliquées, à chaque patient traité en Europe, faire correspondre un patient traité dans un PED.
- Développer des jumelages nord-sud inter hospitaliers et inter services et des parrainages nord-sud (cabinets médicaux, pharmacies, etc.) sur ce thème, avec organisation de réseaux d’approvisionnement "parallèles " des patients suivis dans les PED,
- Susciter la création d’un réseau nord-sud de correspondants avec chaque pays (professionnels de santé, associations de personnes atteintes, autres...) pour étayer une collaboration durable avec le mouvement et renforcer les capacités associatives.
- Rédiger des courriers adressés aux autorités politiques de chaque pays (au nord et au sud), réclamant un engagement technique et financier sérieux dans la lutte contre le sida dans les PED,
- Rédiger des courriers adressés aux laboratoires pharmaceutiques concernés, leur demandant d’abandonner leurs licences sur les antirétroviraux pour les pays en développement, de permettre des importations parallèles, de moduler les prix de ces médicaments. Intégrer des campagnes de boycott internationales dans une stratégie de pression sur les industriels pharmaceutiques producteurs d’antirétroviraux.
- Développer une campagne d’information vers le grand public et particulièrement vers les détenteurs d’actions des laboratoires pharmaceutiques en les incitant à s’interroger sur l’attitude et les engagements de ces industriels face au problème exceptionnel que pose le sida dans les PED, et à revendre leurs actions si les mesures que doivent impérativement prendre les industriels pharmaceutiques ne sont pas rapidement effectives,
- Modifier les rencontres scientifiques internationales dans le sens d’un accroissement de l’implication des personnes atteintes et des chercheurs scientifiques et demander l’abandon des congrès et séminaires "marketing" organisés au nord par les laboratoires pharmaceutiques, au profit de formations pratiques à la prise en charge des personnes atteintes, destinées aux médecins des pays en développement.
Document d’adhésion à l’Appel METIS
à renvoyer par télécopie à l’un des numéros suivants :
- 01 40 19 34 58
- 01 47 69 68 22
- 01 42 49 47 43
Je signe l’APPEL METIS et m’engage à soutenir les soignants et les personnes atteintes dans les Pays en Développement par tous les moyens à ma disposition.
Nom Prénom Fonction Adresse Tel/Fax e.mail
Signature :
Suggestions :
Télécopies de l’appel :
- 01 40 19 34 58
- 01 47 69 68 22
- 01 42 49 47 43
Courriers électroniques :
jean-baptiste.guiard-schmid@rth.ap-hop-paris.fr
kadou.chemlal@wanadoo.fr
Comité de pilotage de l’appel
- Jean-Baptiste GUIARD-SCHMID, hôpital Rothschild 06 09 67 92 10
- Kadou CHEMLAL, hôpital de Nanterre 01 47 69 68 22
- Alioune Blondin DIOP, hôpital du Kremlin Bicètre 01 48 07 04 19
- Damien RWEGERA, Ikambéré 01 34 19 93 38
- François PREVOTEAU du CLARY, hôpital St Louis 01 42 74 05 05
- Arnaud MARTY-LAVAUZELLE, AIDES 01 53 26 26 26
- Olivier BOUCHAUD, hôpital Bichat 01 40 25 78 07
- Bénédicte DELMAS, hôpital de Perpignan 04 68 61 76 43