Accueil du site > L’émission de radio > L’émission de radio (1997-2002) > 2000 >
Vaccin thérapeutique
Emission du 31 octobre 2000 (n° 71)
31 octobre 2000 (survivreausida.net)
1 pièce jointe | 4 Messages de forum | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Écoutez cette émission en direct sur Internet
Playlist RealAudio pour écouter toute l’émission en direct ("streaming") sur Internet.
Une émission exceptionnelle : quel vaccin contre le sida ?
présentée par l’équipe de Migrants contre le sida
avec la sélection musicale de Habib Ouarda
Présentation : pourquoi Migrants contre le sida a organisé cette émission ?
Introduction (durée : 3:03, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
Bienvenue à cette émission exceptionnelle de Migrants contre le sida, consacrée aujourd’hui à la question : quel vaccin contre le sida ?
Chaque semaine, l’émission de Migrants contre le sida s’adresse directement aux séropositifs d’origine maghrébine et africaine, pour tenter de répondre aux questions qui comptent : que faut-il savoir, quand on est séropositif, pour survivre au sida ? Des informations pratiques pour répondre aux questions qui comptent (logement, AAH, papiers, Double Peine, etc.), mais aussi une dénonciation sans complaisance de tout ce que subissent les malades.
En France, il y a entre 6000 et 7000 nouveaux cas de personnes, touchées par le virus, suivis par an. Les communautés d’origine maghrébine et africaine sont aujourd’hui en première ligne sur le front du sida. Le sida tue encore : ceux qui en meurent aujourd’hui en France sont hors proportion des Arabes et des Noirs. Nous ne pouvons nous satisfaire d’une santé au rabais, du brancardage des consultations précarité. Nous demandons la solidarité, pas la pitié. Nous réclamons la dignité plutôt que l’humiliation. Nous exigeons l’égalité des droits face à la maladie, car sans cette égalité nos proches, nos frères et nos s[oe]urs dans nos pays d’origine, nous-mêmes, ne survivront pas au sida.
Seul 1 % de l’ensemble des crédits consacrés dans le monde à la recherche sur le virus du sida est consacré à la mise au point d’un vaccin, majoritairement avec des fonds publics. Les laboratoires privés préfèrent se concentrer sur les traitements et se désintéressent d’une recherche pour un vaccin jugé aléatoire, compliqué et onéreux, débouchant au bout du compte sur le marché non solvable des malades du Tiers-monde.
Si la possibilité d’un vaccin est néanmoins à l’ordre du jour, c’est que l’Agence nationale de recherche sur le sida (l’ANRS) vient de lancer trois essais cliniques pour comprendre s’il serait possible de mettre au point un vaccin « thérapeutique », qui pourrait protéger les séropositifs de la progression du virus. Un tel vaccin pourrait permettre, s’il est efficace, l’arrêt de la trithérapie et de ses effets indésirables chez les personnes déjà contaminées par le virus du sida. Près de 200 volontaires séropositifs, dont un petit nombre sont d’origine maghrébine ou africaine, participent à ces essais cliniques.
Peut-on croire à la possibilité d’un tel vaccin thérapeutique ? Pour en parler, nous avons invité deux médecins, le Dr Alioune Blondin Diop et le Dr Cécile Goujard, qui travaillent sur la piste de ce vaccin thérapeutique. Migrants contre le sida présente aujourd’hui une émission exceptionnelle pour expliquer, pour clarifier, et pour débattre — sans jargon médical, dans un langage compréhensible pour tous et toutes — ce que pourrait être un vaccin contre le virus du sida.
Comment le virus du sida attaque le corps
Comment le virus du sida attaque le corps (durée : 3:53, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
- Qu’est-ce qu’un virus ?
- Qu’est-ce que le système immunitaire ?
- Que fait le virus du sida au corps ?
- Quels sont les symptômes du virus du sida ?
- Comment réagit le corps quand il est infecté par le virus du sida ?
- Pourquoi le corps ne peut-il pas se défendre contre le virus du sida ?
Le virus du sida peut contaminer (rentrer dans) le corps par le sperme ou par le sang : rapport sexuel sans préservatif, partage de seringues souillées. Il y a d’abord une longue période durant laquelle le virus dort. On est séropositif (contaminé par le virus), mais, pendant cette période, on n’a probablement aucun signe de maladie. Après, le virus va commencer à se propager dans le corps, à se multiplier. Comme tout virus, le VIH est un parasite de la cellule, capable de provoquer une maladie. Le virus du sida s’attaque aux défenses du corps. Ces défenses baissent progressivement. Voilà pourquoi, lorsque les défenses (immunitaires) sont très diminuées, différentes maladies dites opportunistes (infections, cancers) surviennent chez les séropositifs (les personnes contaminées par le virus du sida).
Qu’est-ce qu’un vaccin, et pourquoi n’avons-nous pas de vaccin contre le sida ?
Comment le virus du sida attaque le corps ? (durée : 4:30, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
- Qu’est-ce qu’un vaccin ?
- Pourquoi le vaccin contre le virus du sida est-il si difficile à trouver ?
- Pourquoi les premières tentatives de vaccination contre le VIH ont-elles échoué ?
Un vaccin doit protéger les gens d’une maladie causée par un microbe, en renforçant et en accélérant les défenses naturelles du corps contre le microbe. Un vaccin doit ressembler au microbe, mais il n’est pas dangereux pour le corps. Le principe d’un vaccin, c’est de provoquer une réaction de défense du corps (du système immunitaire), comme si le vaccin (qui lui est inoffensif) était un microbe dangereux. En mobilisant les défenses du corps contre un vaccin inoffensif (qui ne fait pas de mal), le corps s’immunise, apprend à se protéger, et sera prêt à combattre le « vrai » microbe. S’il est contaminé par le microbe, les défenses du corps (le système immunitaire) le repèrent et peuvent réagir suffisamment vite pour neutraliser le microbe avant qu’il n’ait le temps de provoquer la maladie.
Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de mettre au point un vaccin préventif efficace qui protégerait de l’infection (qui empêcherait au virus de rentrer dans le corps). L’infection par le virus du sida n’est pas une infection comme la grippe ou de la rougeole (infection aiguë) : ces derniers sont éliminés rapidement par les défenses du corps. L’infection par le virus du sida une infection chronique : il retarde et détruit les cellules chargées de lutter contre lui, retardant et détruisant la réponse de défense du corps. Avec le virus du sida, le corps n’arrive pas à mobiliser ses défenses naturelles.
La piste du vaccin thérapeutique
Piste du vaccin thérapeutique 1 (durée : 4:11, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
Piste du vaccin thérapeutique 2 (durée : 3:48, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
- Quelle différence entre vaccin préventif et vaccin thérapeutique ?
- Qu’est-ce qui a conduit les chercheurs à développer l’idée d’une vaccination thérapeutique ?
- Quel serait l’effet d’un vaccin thérapeutique sur le virus et sur le corps ?
- Y a-t-il eu, pour d’autres maladies, des vaccins thérapeutiques ?
- Comment un vaccin peut-il protéger quelqu’un qui est déjà contaminé ?
- Comment peut-on être séropositif et vacciné ?
Il y a certaines personnes (les cas sont rares), dont les défenses naturelles du corps semblent empêcher la progression du virus (et donc l’arrivée de la maladie du sida). Alors qu’ils sont infectés depuis très longtemps, le virus n’a jamais progressé et ils ne sont jamais tombés malades. Aujourd’hui, on commence à comprendre comment leur corps, même s’il n’arrive pas à éliminer complètement le virus, pourrait néanmoins le contrôler, l’empêcher de faire des dégâts. C’est l’idée d’un vaccin thérapeutique, d’aider le corps à se défendre pour bloquer le virus même s’il ne peut pas s’en débarrasser complètement.
L’idée d’un vaccin thérapeutique, c’est justement d’aider le corps à se défendre contre le virus en le poussant à produire un plus grand nombre de cellules tueuses (les « CD8 ») spécifiquement dirigées contre le virus du sida. (Les cellules tueuses (lymphocytes cytotoxiques CD8) ont pour mission de reconnaître les cellules infectées par l’agent pathogène (le microbe) et de les détruire, afin d’enrayer l’infection.) Les défenses naturelles, aidées par le vaccin thérapeutique, pourraient alors empêcher la progression du virus, sans pour autant en débarrasser complètement (éradiquer) le corps. Une personne qui reçoit un vaccin « thérapeutique » efficace serait donc toujours séropositive (contaminée) mais elle ne souffrirait pas les effets dévastateurs provoqués par le virus.
Les essais cliniques, c’est quoi et à quoi ça sert ?
Essais cliniques (durée : 4:57, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
Un essai clinique est un test d’un produit expérimental chez l’être humain. Il s’agit d’une expérience contrôlée au cours de laquelle les volontaires se soumettant à un traitement pour voir s’il produit un effet (efficacité) et s’il est sans danger (tolérance). Pour faire un essai clinique il faut avoir un protocole, c’est le plan détaillé du déroulement d’un essai, de ses justifications scientifiques, de son calendrier, de la population choisie, de la justification des doses, de la durée de traitement, etc. On essaye un traitement pour savoir s’il est utile et efficace. Si les médicaments étaient vendus sans être soigneusement testés au préalable, les seules informations disponibles viendraient d’observation anecdotique ou du fabricant.
Pour s’inscrire comme volontaire dans un essai clinique, il faut d’abord avoir connaissance de l’existence des essais. Ensuite, il faut répondre à des critères d’inclusion très stricts. Les médecins recherchent des patients modèles, soumis, dociles. Votre médecin, s’il suit de près ce qui se passe dans le domaine de la recherche, peut vous renseigner. Participer à un essai clinique peut être intéressant car il permet d’accéder à un traitement expérimental. Tous les frais sont à la charge du promoteur de l’essai. Il ne peut vous être demandé de passer à la caisse de l’hôpital, même pour payer le tiers payant d’une consultation ou les frais de laboratoire.
Mais il y a des inconvénients : visites médicales, prises de sang, autres examens, hospitalisation, etc. Participer à un essai demande le respect des visites médicales, des rendez-vous, le relevé de tout événement survenant au cours de l’essai. Lorsque l’essai sera terminé, les médecins attachés à l’essai clinique pourront cesser de vous suivre, quels que soient la confiance établie et vos souhaits.
Le médecin est tenu de vous expliquer tout ce qui vous est nécessaire pour bien comprendre de quoi il s’agit. C’est vous qui prenez la décision de participer ou de ne pas participer à un essai clinique. Le consentement éclairé, c’est la procédure par laquelle une personne pèse les avantages et les inconvénients de participer à un essai et au bout duquel elle accepte ou renonce librement. Il ne s’agit pas de faire plaisir à son médecin, ni d’être timide en matière de demande d’explications complémentaires. Lorsque vous êtes d’accord, vous signez un formulaire de consentement éclairé exigé par la loi. Au besoin, un interprète peut être requis. Vous garderez une copie personnelle de consentement. Votre signature vous autorise à quitter l’essai à tout moment si vous le souhaitez, sans avoir à le justifier. En général, à la fin de l’essai, si vous le souhaitez, le produit testé peut vous être proposé.
Trois essais cliniques pour un vaccin thérapeutique
Présentation des trois essais de l’ANRS (durée : 2:50, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
Discussion 1 (durée : 6:16, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
Discussion 2 (durée : 2:58, MP3 Preview 32 KBps, MP3 Download 128 KBps).
- Quelles sont les trois principales limites des multithérapies (plusieurs médicaments antirétroviraux utilisés ensemble contre le virus) aujourd’hui ?
- Quels sont les critères pour participer aux essais cliniques de l’ANRS ?
- Que cherchez-vous à comprendre avec les trois essais en cours ?
- Pourquoi y a-t-il trois essais cliniques différents ?
- Que va-t-il se passer lorsque les patients qui ont reçu le vaccin vont arrêter leur trithérapie ?
- Faut-il être dans des conditions de vie correctes, avoir un bon statut social, une vie stable, être un patient modèle et soumis pour participer à un essai ?
- Y a-t-il des patients d’origine maghrébine et africaine qui participent aux essais cliniques ?
Forum de discussion: 4 Messages de forum
S'abonner au forum de cet article (RSS)
Réagir à cet article
-
Emission du 31 octobre 2000 (n° 71)
le virus du sida attaquant certaines cellules de l’organisme : Lesquelles ?
-
Emission du 31 octobre 2000 (n° 71)
je voudrai savoir les signes apparentes ou cachee de virus de sida et si avec la masturbation on peut etre atteints
-
Emission du 31 octobre 2000 (n° 71)
bonjour,je suis africain et je voudrais savoir si je peux me porter volontaire et dans le cas contraire,pouvez vous me faire parvenir les nouvelles sur l’evolution du traitement du vih.merci
-
Emission du 31 octobre 2000 (n° 71)
quel est le premier signe exacte du virus ? Comment peut-on savoir sans un test medical qu’on est atteint du virus ? dans combien de temps apparaitra le premier signe ?
