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Lutte contre l’exclusion : le social et le sanitaire s’apprivoisent doucement
31 mars 2000 (Impact médecin)
PARIS, 31 mars 2000 (Impact Médecin)
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Alors que les associations esquissent un premier bilan mitigé du volet santé de la loi de lutte contre les exclusions, la cohabitation du sanitaire et du social devient peu à peu une réalité.
« De nombreux professionnels ne connaissent pas la loi d’orientation, en particulier dans le domaine de la santé. » Si ATD quart-monde se permet d’affirmer cela, c’est que l’association a commencé une évaluation de la loi relative à la lutte contre les exclusions. Dans quatre mois, ce sera au tour des pouvoirs publics de rendre leur évaluation, comme l’article 159 de la loi le stipulait.
Concernant la santé, la loi a mis en place les permanences d’accès aux soins de santé (Pass) [voir ci-dessous], les programmes pour l’accès à la prévention et aux soins (Praps) qui définissent au niveau régional les actions à mener, le développement des centres de cure ambulatoire en alcoologie, et la lutte contre le saturnisme infantile. En ce qui concerne les Praps, « leur mise en place a démarré doucement en 1999, déclare Pierre Belmant, chargé de mission santé à la Fédération nationale des associations d’accueil et de réadaptation sociale. Nous n’en sommes qu’à la phase préconisation mais, pour une fois, il n’a pas été fait table rase du passé pour installer un nouveau dispositif. Enfin, la collaboration du social et du sanitaire commence à prendre forme. »
Du côté de la lutte contre le saturnisme, la loi a permis de rompre avec l’indifférence. Le Dr Mady Denantes, responsable de la mission saturnisme à Médecins du monde, n’en disconvient pas. « Mais sur le terrain nous ne voyons rien venir. La préfecture nous parle sans cesse de ses difficultés budgétaires. Or c’est à elle de s’assurer que les travaux visant à supprimer les risques d’exposition au plomb sont bien effectués. » Le problème vient aussi des médecins qui dépistent très rarement des cas. « Les libéraux ne sont pas assez informés des risques de cette pathologie et connaissent mal le système de maladie à déclaration obligatoire, qui s’applique désormais au saturnisme, déplore le Dr Denantes. Une conférence de consensus ne serait pas inutile, de même qu’un item "saturnisme" sur les certificats médicaux des 9e et 24e mois afin que les médecins soient en alerte. »
En revanche, la loi a donné un vrai statut aux centres de cure ambulatoire en alcoologie. « Aujourd’hui, précise Patrick Elineau, directeur de l’association nationale de prévention de l’alcoolisme, nos centres ne sont plus financés par l’Etat mais par l’assurance maladie. Nous sommes à l’abri des gels budgétaires. C’est une avancée. »
La mise en place du volet sanitaire de la loi se fait donc progressivement. Mais, selon ATD Quart-Monde, les retards pris dans l’application du volet emploi ou logement restent préjudiciables à la santé. Sans travail ni toit, difficile de songer à se soigner.
CÉCILE COUMAU