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Palestine
Un massacre commis par Sharon et son armée dans le village de Beit Rima
24 octobre 2001 (Solidarité Palestine)
BEIT SAHOUR, 24 octobre 2001 (Solidarité Palestine)
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Un message du Dr Majed Nassar, directeur du dispensaire de Beit Sahour
Chers amis,
Aujourdhui, un massacre a été commis par Sharon et son armée dans le village de Beit Rima, près de Ramallah. Les tueries et les destructions se poursuivent. On ne connaît pas encore les détails exacts mais, daprès les informations recueillies auprès de différents amis et parents et selon la chaîne de télévision Watan de Ramallah, nous savons quà cette heure, au moins dix personnes ont été tuées et des dizaines blessées. Plus de 50 personnes ont été arrêtées. Lintervention des soldats israéliens a commencé à 2 heures du matin et sest poursuivie toute la journée jusque dans la soirée. On a recensé 50 chars et, selon les estimations, un millier de soldats. Le village de Beit Rima compte 4.000 habitants dont 55% ont moins de 18 ans. La population est composée à 50% de femmes et plus de 25% des villageois sont âgés de plus de 60 ans. Ce qui nous donne environ 700 Palestiniens adultes de sexe masculin, dont la grande majorité ne possède aucune arme et qui se trouve confrontée à un millier de soldats israéliens solidement entraînés et lourdement armés. Outre deux blessés, cinq cadavres ont été amenés à lhôpital de Ramallah. Quatre personnes gravement blessées ont été transférées dans un hôpital israélien. Des blessés qui nont pas été dénombrés gisent encore sous les arbres. Le village est soumis à un couvre-feu et les ambulances de la Croix-Rouge ne sont même pas autorisées à pénétrer dans la localité.
Hier, des dirigeants religieux venus de Jérusalem et dautres parties de Palestine sont entrés en cortège à Bethléem après avoir franchi le poste de contrôle et ont été accueillis par une multitude de gens des environs de Bethléem. Ensemble, ils se sont dirigés vers Manger Square. Pendant ce temps, les soldats israéliens postés sur le toit des grands immeubles situés à lentrée de Bethléem nont pas quitté leur position, et leurs chars nont pas bougé. Il sagissait dune importante manifestation pacifique qui na permis quun cessez-le-feu de quelques heures dans la zone de Bethléem. Lorsque les honorables manifestants ont quitté la ville, les combats ont repris de manière encore plus sauvage quauparavant. Les bombardements se sont poursuivis jusquaux premières heures de la matinée et ont repris à midi. Ils se poursuivent alors même que je vous écris (il est 22 heures).
La télévision locale a calculé que plus dune centaine dobus ont été tirés sur la seule zone de luniversité de Bethléem. Hormis la bibliothèque, aucun bâtiment de luniversité na été épargné. Dans la nuit, les chars israéliens ont de nouveau pénétré dans la ville et ont pratiquement atteint léglise de la Nativité. Actuellement, les chars ont pris position autour de lhôpital de Beit Jala. Les chars et les bulldozers israéliens sont en train de détruire des habitations du camp de réfugiés de Azza.
Ce matin, notre dispensaire de Beit Sahour a reçu un certain nombre de blessés dont beaucoup ont été touchés par des éclats dobus.
Les populations des camps de réfugiés de Aïda et Azza, à Bethléem, sont en plein milieu de la zone déchanges de tirs et se trouvent dans une situation impossible. Hier, au moins, elles pouvaient encore aller chercher la nourriture et leau dont elles ont désespérément besoin, pendant le cessez-le feu. Dans ces camps, il ny a pratiquement pas deau étant donné que larmée israélienne a détruit la plupart des réservoirs situés sur le toit des maisons. Nétant pas en mesure de parvenir jusquà ces camps, nous avons envoyé trois gros colis de matériel médical à chacun. Des habitants possédant des compétences médicales ou des docteurs vivant dans les camps ont été désignés pour dispenser les soins médicaux de première urgence.
Létage supérieur de notre centre de Beit Sahour a été partiellement évacué en raison du risque créé par les bombardements récurrents provenant de la colonie toute proche de Abu Ghneim (Har Homa). Travailler à cet étage revenait à risquer sa vie.
Aujourdhui, nous avons cessé de compter les morts et les blessés car les chiffres augmentent dheure en heure. La toute dernière victime, à Bethléem, a été abattue alors quelle rentrait à la maison en voiture. Cétait un homme de 55 ans, marié et père de trois enfants.
Aujourdhui, larmée israélienne a perpétré un massacre, et pas seulement à Beit Rima. Les États-Unis ont donné lordre à Sharon dévacuer immédiatement les villes palestiniennes et de ne jamais y remettre les pieds. Sharon, le « va-t-en guerre », a refusé de se plier à cette demande bien que, il y a quelques heures à peine, Bush ait reformulé son exigence en « baissant dun ton » et demandé à Israël de se retirer des zones palestiniennes « dès que possible ». Soit la « voix de son Maître » ne résonne pas suffisamment, soit il ny a pas encore « assez » de victimes et de pertes.
La visite des dirigeants religieux et dautres personnes à Bethléem était utile. Mais elle nétait pas suffisante.
Dr. Majed Nassar, directeur adjoint, Health Work Committees
Trad. Annie Coussemant