Accueil du site > Revue de presse > Revue de presse (1995-2002) > 2000 > mai 2000 >
Accès aux médicaments
Un nouvel effort public/privé pour accélérer l’accès aux soins et aux traitements pour le VIH/SIDA dans les pays en développement
11 mai 2000 (ONUSIDA)
GENEVE, 11 mai 2000 (ONUSIDA)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) a annoncé ce jour le début d’un nouveau dialogue entre cinq firmes pharmaceutiques et des organisations des Nations Unies pour examiner les possibilités d’accélérer et d’améliorer la distribution des soins et des traitements liés au VIH/SIDA dans les pays en développement.
Les firmes pharmaceutiques en question - Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers Squibb, Glaxo Wellcome, Merck & Co., Inc., et F. Hoffmann-La Roche - seraient d’accord de travailler avec d’autres participants pour identifier des moyens d’élargir l’accès aux soins et au traitement, tout en assurant une utilisation rationnelle, financièrement accessible, sûre et sans danger des traitements pour les maladies liées au VIH/SIDA.
Les firmes proposent chacune d’améliorer de façon significative l’accès à une série de médicaments et la disponibilité de ceux-ci. D’autres firmes pharmaceutiques ont aussi exprimé leur intérêt à collaborer à cet effort. Les firmes ont répondu aux appels du Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, qui a invité le secteur privé à mettre sur pied des partenariats pour accroître la réponse mondiale au VIH/SIDA et à soutenir le Partenariat international contre le SIDA en Afrique, une initiative internationale commune pour limiter la diffusion du VIH et l’impact de l’épidémie sur les pays africains.
Au cours des derniers mois, les responsables d’organismes des Nations Unies ont réitéré cet appel, notamment Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), James Wolfensohn, Président de la Banque mondiale et Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. Grâce en partie à ces appels, des firmes de premier plan sont en train de se réunir dans des efforts collectifs pour faire face aux défis de l’épidémie. Les responsables des deux autres organisations qui ont pris part aux discussions, à savoir Carol Bellamy, Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et Nafis Sadik, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), ont également promu de façon active des alliances efficaces avec la communauté des affaires.
Les participants à cet effort commun ont adopté une série de principes qui reflètent une vision commune quant aux façons les plus efficaces de faire face à l’épidémie de VIH/SIDA dans les pays en développement : un engagement politique sans équivoque et soutenu de la part des gouvernements nationaux ; un renforcement des capacités nationales ; l’engagement de tous les secteurs de la nation et de la communauté mondiale ; des systèmes de distribution efficaces, sûrs et sans danger ; un nouvel apport important de fonds de sources nationales et internationales ; et la poursuite par l’industrie pharmaceutique de ses efforts d’investissement en matière de recherche et de mise au point.
Des discussions constructives ont commencé entre les cinq firmes en question et les organisations des Nations Unies pour envisager des méthodes plus étroites de travail en commun qui soient pratiques et spécifiques et qui permettent à un nombre beaucoup plus important de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays en développement d’accéder à des soins et des traitements financièrement abordables. Le but est d’améliorer la prévention, le traitement et les soins pour les maladies liées au VIH, et d’arriver à une meilleure prévention de la transmission du SIDA de la mère à l’enfant. En même temps, les activités destinées à promouvoir la mise en place d’un vaccin contre le VIH se poursuivent. Il est prévu que cet effort s’élargisse pour inclure d’autres partenaires de tous les secteurs.
Plusieurs initiatives pilotes récentes ont pour but d’améliorer l’accès aux soins liés au VIH et ont permis d’acquérir une expérience utile dans la mobilisation de l’activité multisectorielle pour renforcer les infrastructures sanitaires dans les pays en développement. Ce nouvel effort fera recours à cette expérience.
Peter Piot a accueilli l’annonce de cette initiative en ces termes : « Il s’agit d’une étape prometteuse au cours d’un long processus et d’une chance pour les gouvernements, les donateurs, les ONG, les personnes vivant avec le VIH/SIDA et l’industrie privée, tous engagés dans cette lutte, d’entrer en matière afin d’améliorer l’accès de façon à correspondre aux besoins et demandes spécifiques de chacun des pays. Réduire le prix des médicaments ne constitue néanmoins qu’un des aspects critiques de ce qui doit devenir un effort bien plus étendu et plus urgent destiné à permettre aux personnes vivant avec le VIH et avec le SIDA de mener une vie plus productive et plus saine. Les nouveaux fonds dont nous aurons besoin devront correspondre aux gigantesques défis sociaux, économiques et humains que pose l’épidémie."
Les Nations Unies estiment qu’une riposte plus rapide et qui réponde mieux au droit de tous les individus à pouvoir accéder aux services liés au VIH/SIDA dans le contexte élargi du développement national constitue une priorité urgente. Ces discussions ont lieu au moment où l’on assiste à une mobilisation croissante au niveau international pour ralentir la diffusion du VIH et atténuer l’impact effroyable que l’épidémie de SIDA inflige à de nombreux pays, surtout en Afrique subsaharienne. Le VIH/SIDA entraîne plus de morts que toute autre maladie infectieuse de par le monde et, dans les pays les plus atteints, une personne adulte sur quatre est maintenant infectée.