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Hommage aux disparus | Nabila
Hommage aux disparus de la maladie : « pour ma petite Mélissa, éteinte à l’âge de neuf mois... »
10 décembre 2002 (Migrants contre le sida)
PARIS, 10 décembre 2002 (Migrants contre le sida)
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La santé publique officielle face aux oubliés de la maladie
Samia : Hommage aux disparus de la maladie, nos familles ont un devoir de mémoire vis-à-vis de nos frères et s[oe]urs, nos enfants morts dans l’épidémie, ici et dans nos pays d’origine.
Reda : Nous présentons aujourd’hui le courrier adressé à l’émission par notre amie auditrice Wahiba.
Je voudrais apporter un témoignage personnel aux familles et proches des malades du sida. Pour tous ceux qui sont partis dans l’anonymat, la souffrance, pour tous ceux qui n’ont pas pu voir une quelque joie pendant leur maladie jusqu’à leur extinction.Je voudrais ce soir mes amis auditeurs qu’on fasse une prière unanime et universelle dans quelle que confession qui soit juive, chrétienne ou musulmane, faisons-là ensemble pour eux.
Pour ma petite Melissa, éteinte à l’âge de 9 mois, prions ensemble pour qu’ils dorment en paix dans le lit de la paix et la tranquillité.
Ma chère Melissa où que tu sois, ce soir, je voudrais que tu me regardes et que tu sois fière de moi, pour tout l’amour que tu m’as apporté, si court était-il mais qui me submergera toute ma vie, à ta mémoire et à tous ceux qui sont morts dans l’anonymat de ce monde, qui n’a pas envie de voir, je me bat pour les enfants comme toi et aussi pour des adultes pour que dignité vous soit rendue !
Ma chère petite fille : quelques années sont passées après ton départ brusque et j’ai pu donner deux claques au sida. La première s’appelle Inès et la deuxième s’appelle Célia. Elles m’apportent autant d’amour que tu m’en a donné et elles sont l’esprit même de ma lutte contre le sida, ma lutte continue dans tous les sens. Ce sera le sens que j’ai donné à ma vie, je resterai moi et ton père les témoins des milliers des gens qui sont morts par le sida. Ces gens-là, Mélissa, ne sont pas partis pour rien, nous serons leurs porte-parole face à cette pandémie et peut-être un jour des millions de vies seront épargnées Inchallah.
Je voudrais aussi faire appel à toutes les familles et proches des malades que vous soyez frère, s[oe]ur, père ou mère, le sida n’a pas de visage, il frappe grands et petits sans distinction, il dépasse les frontières et arrive là où il veut vous n’êtes pas et vous ne serez pas à l’abri si vous vous détournez, car ensemble avec le soutien que nous apporterons à nos malades, par l’amour que nous pouvons leur apporter, ils tiendront à la vie, car celle-ci aura un sens à leurs yeux et quel échec pour le sida !
Ma petite fille n’était ni prostituée ni droguée, ni marginale, il est temps qu’on arrête d’appeler le Sida la maladie des ingrats, il est temps pour que les clichés tombent, et qu’on puisse voir le sida comme une grave maladie certes mais une maladie, pour que tous ces malades de l’anonymat sortent au grand jour et qu’ils puissent retrouver leur dignité perdue et rêvons ensemble toujours.
Le rêve n’est pas interdit à un monde sans inégalités et où les belles couleurs de ce monde s’harmoniseront Inchallah.
