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Des outils et une étude pour mieux aborder la prévention du sida auprès des personnes d’origine étrangère vivant en France
25 juin 2002 (Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES))
PARIS, 25 juin 2002 (Institut national de prévention et d’éducation à la santé)
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Lire notre communiqué : Lucien Abenhaïm, Directeur général de la Santé, méprise le droit à la parole et à l’image des familles immigrées confrontées au VIH
Pour plus d’informations, voir le dossier de presse (pdf, 240 Ko).
Si depuis 1996, grâce aux tri thérapies, le nombre de nouveaux cas de sida a fortement chuté en France, passant de 3919 en 1996 à 1326 en 200, on constate de fortes disparités selon les nationalités. Chez les Français, le nombre de nouveaux cas de sida au cours de cette période est passé de 3329 à 902 ; chez les étrangers, domiciliés en France, il n’a que faiblement diminué, passant de 587 à 416. On constate même une légère augmentation chez les personnes ayant une nationalité d’Afrique sub-saharienne (240 à 253).
Différents facteurs expliquent cette disparité :
-
<li>l’accès au dépistage et aux soins est beaucoup plus tardif chez les étrangers vivant en France que chez les Français : parmi les personnes diagnostiquées sida au cours de la période 1998-200, 67 % des personnes d’Afrique sub-saharienne ne connaissaient pas leur séropositivité au moment du diagnostic sida contre 47 % en moyenne pour les personnes de nationalité française.
- les personnes étrangères sont plus touchées par l’infection à VIH. Ceci est lié à la fois à une prévalence plus élevée de l’infection dans les pays d’origine et à des difficultés à utiliser les moyens de protection. Ces difficultés sont d’autant plus cruciales qu’il existe souvent, au sein des couples, une méconnaissance mutuelle du statut sérologique.
En dehors des cas de sida déclarés, on constate, à travers les enquêtes faites dans les CDAG parisiens (InVS), une augmentation du nombre de diagnostics d’infection à VIH chez des personnes contaminées lors de pratiques hétérosexuelles, particulièrement des femmes originaires d’Afrique sub-saharienne. Bien que cette augmentation puisse refléter un meilleur accès au dépistage, elle est néanmoins préoccupante et incite à renforcer les actions de prévention et d’information en direction des populations étrangères vivant en France.
C’est pourquoi, en plus des actions d’information dirigées vers la population générale, les pouvoirs publics mènent depuis plusieurs années des actions de communication spécifiques destinées à certaines populations prioritaires comme les homosexuels, les départements français d’Amérique ainsi que les populations migrantes : des programmes radio avec les principales antennes communautaires, des outils de prévention écrits et audiovisuels adaptés, des films courts de prévention ciblés sur certaines populations (réalisation de "Moussa le Taximan" en 2000 pour les populations africaines).
Dans ce cadre, l’INPES et le Ministère délégué à la Santé présentent aujourd’hui 5 nouveaux films courts de prévention "Houria" destinés plus particulièrement aux populations maghrébines.
Ces films, comme ceux déjà réalisés par l’INPES et le Ministère de la santé, sont mis à la disposition des réseaux de diffusion souhaitant s’ engager dans la lutte contre le sida : la chaîne TV5 en assurera la diffusion sur son canal Europe, Canal France International les proposera aussi sur sa banque de programmes "Monde Arabe" de façon à pouvoir en faire bénéficier les chaînes des pays du monde Arabe. Par ailleurs, les films Houria seront disponibles pour les associations intervenant dans la prévention du VIH sous forme de cassettes VHS afin qu’elles les utilisent dans leurs actions de terrain.
Afin de poursuivre ce travail de prévention ciblée au plus près des préoccupations des populations migrantes et pour essayer de trouver les canaux les plus adaptés pour les toucher, l’INPES a lancé une étude comportant une volet quantitatif et un volet qualitatif. Cette étude permet à la fois de mieux connaître l’utilisation des médias par les personnes originaires d’Afrique sub-saharienne et de mieux comprendre leurs représentations et leurs comportements sanitaires et préventifs. Elle confirme l’intérêt du travail engagé et invite à développer d’autres modalités d’intervention.
Pour plus d’informations, voir le dossier de presse (pdf, 240 Ko).