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Politiques de santé
SIDA : la stratégie de Kouchner pour gérer la misère
28 novembre 2001 (Migrants contre le sida)
PARIS, 28 novembre 2001 (Migrants contre le sida)
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Migrants contre le sida dénonce la mascarade de la nouvelle stratégie de prévention du VIH/sida 2001-2004.
La « stratégie » de prévention du VIH/SIDA en France pour les années 2001-2004 de Bernard Kouchner maintient le statu quo : des milliers de nouvelles contaminations chaque année et une misère croissante des séropositifs. Sa mise en oeuvre renforcera la marginalisation des préoccupations prioritaires des séropositifs les plus pauvres en France, car elle se fait dans le cadre d’une austérité économique mortifère imposée par les choix politiques des gouvernements successifs, en plein démantèlement de la protection sociale dont les premières cibles sont les immigrés et les enfants d’immigrés.
Le Programme d’action en direction des immigrés, comme la Stratégie 2001-2004, est, pour l’instant, un catalogue de déclarations d’intention dont l’objet est de démontrer l’autosatisfaction et l’autosuffisance de la DGS pour justifier de son immobilisme alors que depuis vingt ans les immigrés et leurs enfants affrontent seuls l’épidémie. Le programme d’action en l’état actuel entérine les multiples dénis de la santé publique officielle :
- Bernard Kouchner nie l’existence d’une deuxième épidémie du sida au sein de la communauté maghrébine (les Arabes malades du sida n’existent pas) ;
- Bernard Kouchner nie la responsabilité des pouvoirs publics pour la prise en charge tardive des malades immigrés du fait de l’inexistence de prévention ciblée ;
- Bernard Kouchner nie l’urgence d’augmenter les moyens consacrés aux actions spécifiques en direction des immigrés, alors que 13,60 MF y sont consacrés sur un budget global de 490 MF (la santé des immigrés ne vaut pas cher) ;
- Bernard Kouchner estime suffisant le dispositif législatif (qui permet à un petit nombre de malades d’obtenir un titre de séjour mais interdit leur accès aux droits sociaux), alors qu’il est systématiquement bafoué par les préfectures.
En vingt ans d’épidémie, 35 000 personnes sont décédées du SIDA en France. 15 000 d’entre elles étaient des immigrés ou des enfants d’immigrés des communautés africaines et maghrébines. Aujourd’hui, l’énorme majorité des malades qui meurent encore du sida sont issus de ces deux communautés. Près de la moitié des malades du sida en France sont d’origine maghrébine ou africaine. Dans les centres de dépistage, les médecins témoignent d’une proportion croissante de personnes séropositives parmi les gens d’origine maghrébine ou africaine qui viennent faire le test.
Une première épidémie du sida a frappé les Maghrébins de France dès le milieu des années quatre-vingt, liée au partage des seringues du fait de la prohibition des drogues. Plusieurs indices démontrent aujourd’hui l’existence d’une deuxième épidémie au sein de la communauté maghrébine qui se propage majoritairement par voie sexuelle. La santé publique officielle nie l’évidence : faudra-t-il attendre cinq ou dix ans et l’arrivée aux services d’urgence de ces nouveaux séropositifs, pour mobiliser l’action publique ?
Migrants contre le sida demande l’organisation des Etats-Généraux du sida pour développer une stratégie digne du nom permettant au séropositifs les plus pauvres de survivre au sida et de vivre et de se soigner dans la dignité.
Le Collectif Migrants contre le sida sera l’invité de Beur FM (106.7 FM) jeudi soir de 19 h 30 à 20 h 30.
Forum de discussion: 1 Message
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SIDA : la stratégie de Kouchner pour gérer la misère
pouvez vous me donner des informations plus precises sur les montants attribués a la prevention sur le sida par les gouvernements successifs ? et ceci pour ces dernieres années afin de mieux illuster le desengagement de l etat par rapport a la prevention de cette maladie (je fais actuellement un travail de sante publique autour de la prevention primaire du sida en france et dans l aisne) merci